Les troubles de personnalité limite - De l'automutilation au suicide, la personnalité limite inquiète
Mots clés : adolescents, troubles de personnalité limite, santé, Jeunesse, Québec (province)

Photo: Agence France-Presse
Outre un comportement physique instable, les personnalités limites se caractérisent, selon les médecins, par leurs problèmes émotionnels et par leurs difficultés à créer des liens interpersonnels. «Leurs comportements sont très instables. Ces adolescents tentent de créer des liens d'amitié, mais ça échoue toujours après quelque temps et ils se retrouvent isolés», rapporte Mme Stanley. La dépression, les troubles alimentaires et les problèmes d'anxiété sont souvent associés aux personnalités limites.
Leur donner du soutien est primordial puisque 8,5 % d'entre eux se suicident. Toutefois, ce suivi ne se fait pas sans difficultés: «Je leur parle de leur tentative et ils me répondent aussitôt: "De quoi parlez-vous? C'est arrivé hier. Ça n'arrivera plus jamais!"», confie Mme Stanley.
Autant dans le cas des suicides ratés que dans celui de l'automutilation, ces adolescents cherchent à avoir de l'attention ou à manipuler leur entourage. Ils estiment également qu'ils entament un «nouveau départ» à la suite de leurs actes. «Ils préfèrent subir des douleurs physiques qu'émotionnelles», s'étonne-t-elle.
Les recherches sur les personnalités limites à l'adolescence sont encore peu nombreuses et les médecins n'osent pas tous poser des diagnostics sur des mineurs. «On évite de diagnostiquer des adolescents avec des troubles de la personnalité parce qu'on pense que jusqu'à l'âge de 18 ans, la structure de la personnalité n'est pas encore formée, n'est pas stable», raconte Éric Fombonne, président de la conférence et directeur de l'unité de psychiatrie à l'Hôpital de Montréal pour enfants.
Le trouble de la personnalité limite se retrouve également chez les adultes, mais la prévalence est beaucoup plus forte chez les adolescents. Les chercheurs observent d'ailleurs une hausse du nombre de suicides et de blessures corporelles au sein d'une population de plus en plus jeune. «Il y a plein d'occasions de dérailler pour les jeunes qui ont des vulnérabilités. Les systèmes de soutien qui étaient autrefois en place pour guider les adolescents dans leur trajectoire vers la maturité ont changé. Les familles sont moins disponibles, les mères travaillent davantage et, à l'âge de 18 ans, il y a 50 % des adolescents qui vivent avec un seul parent», explique le Dr Fombonne.
Le psychologue a rencontré des enfants âgés de seulement huit ans qui avaient tenté de s'enlever la vie volontairement. Comme le Québec affiche le plus haut taux de suicide au pays (21 par tranche de 100 000 habitants, comparativement à la moyenne nationale de 14 pour 100 000), les chercheurs insistent pour offrir un bon suivi aux adolescents. Et 75 % des jeunes ayant reçu le diagnostic de «personnalité limite» s'en sortent s'ils reçoivent le soutien nécessaire.
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