Claude Béland plaide pour la création d'une assemblée des régions
Mots clés : chambre des régions, Claude Béland, Québec (province)

Cette deuxième chambre législative serait chargée des questions relatives au développement local et régional. L'assentiment des élus régionaux serait aussi requis pour l'adoption de tout projet de loi par les parlementaires.
Après plus de 40 ans de débats sur cette question, il est plus que temps que le gouvernement donne une voix aux collectivités, a fait valoir M. Béland hier, en conférence de presse à Québec.
«Au Québec, on ne tient pas compte du territoire; on en parle, on fait de beaux discours, mais on n'en tient pas compte, a-t-il dit. Je ne connais pas une entreprise qui n'a pas fait une révision de sa gouvernance, il n'y a que l'État qui ne le fait pas.»
Depuis au moins une vingtaine d'années, la démographie joue lourdement en défaveur des régions du Québec, qui se vident de leur population au profit des villes. Or, en vertu de la carte électorale présentement en vigueur, les régions sont surreprésentées comparativement aux grands ensembles urbains. Compte tenu de la démographie déclinante des régions, le poids relatif d'un vote en Gaspésie vaut le double d'un vote dans la couronne nord de Montréal.
Pour rétablir l'équilibre démocratique, le directeur général des élections (DGE), Marcel Blanchet, a récemment suggéré d'abolir trois circonscriptions en région et d'en ajouter trois dans la banlieue montréalaise.
D'après la coalition de M. Béland, la création d'une seconde chambre législative permettrait à la fois de rééquilibrer la représentation électorale tout en évitant que les régions perdent de leur influence.
«Le Conseil des régions agirait en chien de garde pour s'assurer que l'Assemblée nationale respecte la démocratie territoriale», a expliqué le militant régionaliste, Roméo Bouchard, au côté de M. Béland.
Outre MM. Béland et Bouchard, la Coalition pour un Québec des régions regroupe une brochette de personnalités d'horizons divers, dont l'activiste Paul Cliche, l'auteure Hélène Pedneault et André Larocque, un ancien sous-ministre à la réforme électorale sous le gouvernement de René Lévesque.
Claude Béland admet qu'il reste encore beaucoup de travail à faire avant d'assister à la première séance des travaux du Conseil des régions. Même s'il y a loin de la coupe aux lèvres et que l'entreprise est périlleuse, il promet de ne pas baisser les bras.
«Sinon, qu'est-ce qu'on fait? On rentre chez nous puis on pleure?», a lancé celui qui avait présidé les États généraux sur la réforme des institutions démocratiques en 2003.
Le projet de Conseil des régions sera au coeur des débats des États généraux du Québec des régions que tiendra la coalition l'an prochain.

