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Les risques d'un olympisme de compromission.

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Gerry Pagé
Envoyé Le samedi 12 avril 2008 02:00



Olympisme de l'abaissement, de l'avilissement et de la honte que ce gros «party» d'arrière cour que s'offre le pontife Jacques Rogge. Le même Jacques Rogge qui feint ignorer le rôle de la Chine au Darfour, entaché du sang de plus de 200 000 victimes d'une guerre pilotée qui n'a de cesse. Une Chine qui joue la «game» de ses armes blanchies contre le pétrole noirci. Le même Jacques Rogge qui a prétendu ignorer les motifs pour lesquels le consultant Steven Spielberg s'était désengagé des cérémonies d'ouverture des JO de Pékin. Le même drone Jacques Rogge, investi de «l'autorité suprême de l'itinérance olympique», ce comte belge et médecin sportif, skipper (épreuves de finn) aux JO de Mexico (1968), aux JO de Munich (1972) et aux JO de Montréal (1976), prétend, de la façon la plus infatuée et nombriliste qui soit, qu'il est au-dessus d'une situation dont le gigantisme et la démesure l'écrasent, lui, mais aussi et surtout, sous son auguste pontificat, les nobles athlètes victimes de ses génuflexions et de ses compromissions, devant les corruptions et les décadences politiques du potentat chinois et de ses monarques et despotes alliés. Monsieur aura beau courir et courir encore, personne ne le suivra ni ne prendra le relais de ce follet messager qui se présente à Pékin, les mains vides, mais le portefeuille bourré. L'essoufflement le gagnera. En primeur et en pages couvertures, Pékin est et demeurera l'illustration mondiale des jeux de l'aplaventrisme, cet exercice de postures et d'impostures singulièrement impropres et pluriellement ignominieuses, qui préconise tant d'écrasements devant l'empire économique du macro et méga «Made in China», qui priorise tant de prosternations devant la surexploitation et l'esclavagisme imposé aux populations ouvrières et dépendantes d'une dictature économique qui fait revivre l'époque du rideau de fer. Les prosternations inconsidérées du CIO (Coterie Internationale Orgiaque) ainsi que leurs impacts sur les droits et les libertés bafoués, en cette terre inhumaine des plus aride de l'Asie orientale, mettent définitivement à risque non seulement les jeux Pékinois, mettent en péril non seulement l'olympisme devenu le théâtre de toutes les connivences, des pots-de-vin, des drogues, de toutes les complaisances et de tous les obligeances de l'aplaventrisme, mais aussi et surtout, placent-ils des milliers d'êtres humains, les athlètes du monde entier, entre autres, en avant scène et à la portée d'un terrorisme qui a soif et faim de visibilité percutante (Munich 1972) .

Après qu'on ait vu les scènes disgracieuses des «forces de frappes» londoniennes; après qu'on ait confiné la flamme olympique dans un autocar parisien; après qu'on ait dû faire voyager la torche de l'équivocité dans le secret parcours des ruelles de l'indifférence de San Francisco, le président Jacques Rogge se dit béatement soulagé, alors que le phénomène de l'ire que soulève ce flambeau de tous les dépassements, devenu le «lance-flammes» symbolique du totalitarisme chinois et de l'autorité suprême du CIO, fait des Jeux de Pékin, le déploiement mondial de la plus crasse des hégémonies du césarisme contemporain.

Se dire soulagé et niaisement heureux d'un vaudeville d'une telle ampleur, frôle l'inconscience et l'impéritie, l'arrogance et l'ineptie. Il ne manque plus que l'on dénomme les athlètes, alors qu'en plus, Jacques Rogge, à quatre mois des jeux «Made in China», conscrit d'avance et soumet au bâillon de sa pontificale prépotence présidentielle, une presse internationale qu'il cuisine sous les couvercles de ses interdictions, faussement et vicieusement ficelées à une certaine propagande de son choix ou au «Bashing against China», cette interdiction qui leur est imposée de «MONTRER LA RÉALITÉ ET DE DIRE LA VÉRITÉ». En somme, Jacques Rogge traduit ses craintes par des diktats apeurant et cherchant à impressionner. C'est manifestement un bien particulier mépris et un très singulier affront à la pureté et à dignité, à la noblesse, à l'honneur et à la gloire de l'olympisme ainsi qu'à l'indépendance des médias, que de tenter ainsi de les empêcher de photographier la lèpre dégoûtante des effets pervers d'une dictature tortionnaire et sanguinaire que le président Jintao, le premier ministre Jiabao et leurs bourreaux commissaires font subir à leurs commettants, sans droits ni libertés, dans les cachots du terrorisme quotidien chinois, alors que ces mêmes poussas jouent du bâton et de la baïonnette contre les tibétains qu'ils acculent à la Muraille de leur tyrannique potentat, alors qu'ils fournissent des armes au Darfour, alors qu'ils menottent les leurs aux emmurements d'une dictature déchaînée, en tout point semblable aux «poutines dégueulasses et infectes» qui sont au menu quotidien de certaines autres capitales des dictatures et monopoles qui suivent le cours d'une mondialisation déshumanisante et carburant aux bâtardises de la barbarie.

«Chaque fois, ça recommence. Tous les quatre ans, NOUS étalons nos divisions, nos rancoeurs, nos haines profondes, au vu et au su du monde entier», écrit Lise Payette, utilisant probablement le «NOUS» inclusif de son doctrinaire péquisme. Pour tous ceux et pour toutes celles qui sont doués du moindre sens critique, il est évidemment choquant de constater jusqu'où peut aller le cirque olympique, cette confrérie dont les pachas et goujats se disputent les faveurs et s'arrachent les retombées économiques qui se chiffrent par centaines de millions. En plus, c'est un gros tripot où des pots-de-vin et des «enveloppes brunes» de considérations ultérieures et gracieusetés réciproques donnent lieux et espaces à un échangisme clandestin de pactole (pétrole) sans frontière. Les JO 2008 sont effectivement une commandite scandaleuse «de divisions, de rancoeurs, de haines profondes». Par contre, la très grande majorité des Québécois critiques et lucides, auraient plutôt apprécié que des milliers d'auteurs crédibles, c'est-à-dire «qui ont tout tenté pour faire tomber les murailles des divisions, pour éliminer les palissades des rancoeurs et démolir les rideaux de fer des haines qui divisent les Québécois», signent «LES GUERRES OLYMPIQUES»!

Gerry Pagé
Ville de Québec

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