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Dire les choses comme elles sont

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Gabriel RACLE
Envoyé Le vendredi 11 avril 2008 07:00



Dans son article, dont mon titre reprend quelques mots,Lise Payette rappelle une vérité première : « Le Tibet, soyons francs, ça ne nous a jamais empêchés de dormir. » Les Chinois, en dehors des dirigeants, sont-ils plus au courant que les Occidentaux des problèmes du Tibet? Certainement pas, pas plus qu'ils ne sont au courant des manifestations qui se déroulent sur le trajet de la flamme olympique, qui n'a d'ailleurs d'olympique que le nom. Ce n'est pas celle allumée en grande pompe à Olympie qui circule, comme beaucoup le croient, puisque l'on a vu les Chinois eux-mêmes l'éteindre. Une fiction donc.
Mais ce qui n'est pas une fiction, c'est l'occasion offerte aux Tibétains en exil et aux partisans des droits de la personne de faire connaître de par le monde les problèmes du Tibet, son existence, son annexion par la Chine, les répressions qui ont eu lieu.
Lise Payette pose mal la question, comme d'ailleurs la plupart des représentants du cercle olympique. « Pourquoi punir le peuple chinois pour des décisions auxquelles il ne participe pas? Pourquoi, alors que nous pataugeons dans les bourbiers irakien et afghan, demandons-nous aux Chinois d'être justes envers les Tibétains? », écrit-elle. Les manifestations qui se déroulent ne visent pas à punir le peuple chinois de Chine, qui n'est pratiquement au courant de rien. Elles visent à faire connaître au monde entier l'existence du Tibet, de ce qui s'y est passé, de ce qui s'y passe. En ce sens, elles réveillent la conscience des dirigeants occidentaux et ouvrent les yeux des populations occidentales sur un problème ignoré par celles-ci ou mis à l'ombre par les dirigeants, pour laisser carte blanche aux échanges commerciaux.
Il est certes questions de « gros sous », comme l'auteure l'écrit, à propos des Jeux olympiques : « Le cirque olympique est devenu une grosse machine très riche dont les pays se disputent les faveurs en espérant en tirer profit. » Mais l'argent de contrats bien juteux a obscurci depuis des années la question du Tibet, qui ressurgit à l'occasion des jeux.
Les olympiens se trompent, volontairement ou inconsciemment, lorsqu'ils reprochent aux manifestants de s'en prendre à l'olympisme et au symbole que la flamme représente ou aux athlètes. Le cortège olympique représente malheureusement les dirigeants chinois, avec la présence des « fiers-à-bras » dont parle Christian Rioux dans un autre article de la même édition. Pour certains, c'est une provocation qui entraîne une réaction dont, « à part quelques rares individus, l'immense majorité a en effet manifesté pacifiquement », comme l'écrit C, Rioux, bien placé à Paris pour observer les chose de près, dans son article intitulé « Les voyous chinois », en référence aux hommes en bleu.
Ce n'est pas parce que, grâce à G.W. Bush, existe le bourbier irakien, qu'il ne faut pas soulever la question du Tibet? Que les dirigeant chinois fassent la sourde oreille, ce n'est que trop vraisemblable. Louise Harbour vient de se voir refuser l'accès au Tibet. Mais les dirigeants occidentaux ne peuvent plus, eux, ignorer désormais cette question. En ce sens, les jeux ont une utilité politique, ils sonnent un réveil.

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