Canadien 4, Bruins 1 - Premiers pas réussis

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Guillaume Bourgault-Côté
Édition du vendredi 11 avril 2008

Mots clés : Bruins de Boston, Canadien de Montréal, Hockey, Sport, États-Unis (pays), Montréal

C'est une véritable fête qui s'est tenue hier soir au Centre Bell. Devant des partisans joyeusement déchaînés, le Canadien a battu les Bruins 4 à 1 et pris les devants 1-0 dans la série quatre de sept. Un match sans faute pour le Tricolore, qui remporte ainsi une douzième victoire consécutive contre les Bruins.

Faut-il le rappeler, les Bruins ont connu une saison de misère face au Canadien. Aucune victoire, huit défaites, et une domination absolue du Canadien dans tous les aspects de jeu. Rien pour entamer une série avec beaucoup de confiance... ce qui s'est d'ailleurs exprimé brutalement dès le début du match.

Le Canadien a frappé fort et vite. Accueilli par une ovation gigantesque qui a secoué tout le Centre Bell avant la partie, l'équipe a explosé en enfilant deux buts dans les deux premières minutes de jeu, une façon comme une autre de souhaiter la bienvenue en séries au gardien Tim Thomas. Deux buts qui passeront probablement à l'histoire, d'ailleurs, puisqu'ils ont été inscrits par les deux frères Kostitsyn. Qui plus est: chacun à leur première présence dans un match des séries éliminatoires.

C'est le cadet Sergeï qui a ouvert la marque après 34 secondes de jeu, en sautant sur un retour de lancer de Patrice Brisebois. Le jeune hockeyeur avait semble-t-il prédit qu'il compterait dès sa première présence: c'est son aîné Andreï qui racontant l'anecdote dans le vestiaire après le match. Andreï a ensuite relancé le défi en imitant son frère à peine 1:28 plus tard, après avoir saisi une superbe passe de Tomas Plekanec.

Bang, bang, la foule était debout, agitant par milliers les petites serviettes blanches que le club avait remis à chaque spectateurs à l'entrée. Le match s'est par la suite resserré (Shane Hnidy a réduit l'écart en milieu de première), mais les Bruins n'ont jamais réussi à imposer leur rythme.

Le Canadien a ainsi terminé la partie en avance partout: 32 lancers contre 18, 37 mises en échec contre 25. L'effort est venu de l'ensemble de l'équipe. Les troisième et quatrième trios ont été particulièrement efficaces, pendant que la défensive se montrait étanche. Carey Price a fait le reste pour enregistrer une victoire à son premier match en séries.

D'ailleurs, les six joueurs du Canadien qui disputaient hier leur premier match en «joutes de détail» ont passé le test avec brio. Outre les frères Kostitsyn, Maxime Lapierre a récolté une mention d'assistance, distribué six mises en échec et lancé à cinq reprises. Tom Kostopoulus a marqué le quatrième but des siens (après celui de Bryan Smolinski) et récolté une passe.

Une situation qui a réjouit Guy Carbonneau. «Depuis trois ou quatre semaines, nous avons une production [constante] de nos quatre trios et nos six joueurs de défense. On sait qu'en séries on en demande beaucoup aux joueurs de premier plan, mais souvent, ce sont les joueurs de soutien qui nous sortent du trouble et brillent. Ça a été le cas ce soir.»

Carbonneau a particulièrement apprécié le début de match assommoir de son équipe. «C'est ce qui m'a fait le plus plaisir. Je savais que les jeunes étaient nerveux, et parfois, tu ne sais pas comment l'équipe va sortir. [...] Mais les jeunes ont très bien répondu à l'appel. Le manque d'expérience n'a jamais paru.»

«Ça a vraiment été une victoire d'équipe», a noté dans le vestiaire Maxime Lapierre, qui disait avoir vibré tout au long du match. «La réaction du public était extraordinaire, a reconnu Bryan Smolinski. On sentait les vibrations sur le banc. J'avais l'impression de retrouver une partie de mon enfance.»

Du côté des perdants, l'entraîneur Claude Julien a expliqué la défaite par les erreurs défensives et la perte de la plupart des combats pour prendre possession de la rondelle. Mais Julien a observé qu'une fois calmés, ses joueurs ont mieux joué. «Nous avons fait de belles choses -- notamment de résister à un 5 contre 3 -- sur lesquelles il faut maintenant se baser [pour les prochains matchs].»

Ambiance

Cette victoire a évidemment été saluée chaudement par les partisans. «Fiévreuse» tout autant que fébrile, Montréal a donc renouée joyeusement avec le plaisir des séries éliminatoires et l'espoir gratuit qui vient avec.

Le match a été précédé d'un long avant-match tenu sur l'esplanade du Centre Bell, sorte de fête plus ou moins improvisée où tout un chacun pouvait afficher ses couleurs... pour autant qu'elles composent la trilogie du bleu-blanc-rouge. Le jaune et le noir, à l'inverse, n'étaient pas particulièrement recommandées: un partisan des Bruins l'a d'ailleurs appris à ses dépens au moment de franchir les tourniquets d'entrée. La décence impose de taire ce que la foule lui criait en choeur, mais le principal intéressé lui-même en riait. «C'est un peu de la provocation, mon chandail, mais c'est ce que je veux, indiquait Benoit. Les Bruins, c'est mon équipe et je mets le chandail chaque fois que je viens. Je ne vais pas arrêter en séries, même si c'est plus chaud.»

De chaleur, l'atmosphère en était saturée aux abords du Centre Bell. Plus de trois heures avant le match, la future place du centenaire était noire de monde rouge. Maquillage pour les fans finis, tatouage pour ceux qui ont vraiment le CH au coeur, hockey sur table, Youppi qui sautille, émissions de radio en direct, scalpers au travail (vérification faite, quelque 200$ pour un billet dans les sections les plus hautes), fausses Coupe Stanley d'aluminium brandies bien haut, ça festoyait énergiquement.

«Pour une fois qu'on peut aborder les séries avec une vraie chance de gagner, on va en profiter», mentionnait un partisan d'une quarantaine d'années. Au micro-trottoir de la station CKAC, les fans faisaient leur liste de prédiction et de demandes: un spinorama de Kovalev, cinq buts du Canadien pour avoir les ailes de poulet gratuites dans un restaurant voisin, ou encore un balayage en cinq matchs (?)... Dans la rue, les voitures klaxonnaient, drapeau du Canadien à la fenêtre. La fièvre, dit-on, une frénésie printanière qui s'est poursuivie tout le match durant, au Centre Bell comme dans biens des salons et des bars.


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com