CSDM - Des balises pour les commandites

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Clairandrée Cauchy
Édition du jeudi 10 avril 2008

Mots clés : entreprises privées, commandites, CSDM, Commission scolaire, Éducation, Montréal

Chaque école pourra conclure des ententes avec des entreprises privées

Les écoles montréalaises pourront à l'avenir conclure directement des ententes de commandites avec des entreprises privées. C'est du moins ce que prévoit un projet de politique sur les commandites qui fait l'objet d'une consultation dans les quelque 200 écoles de la Commission scolaire de Montréal.

Résolue à «encourager» le financement de certaines activités par des entreprises ou des organismes, la CSDM souhaite aussi mieux encadrer le choix des commanditaires ainsi que la visibilité qui leur est accordée en échange de leur soutien.

Alors qu'auparavant les commandites devaient être autorisées par le directeur général de la CSDM, le projet de politique prévoit que les ententes soient dorénavant conclues directement entre le conseil d'établissement et l'entreprise privée. «Cela évite un casse-tête [aux parents qui siègent à des comités]. Cela peut faire en sorte d'accélérer les projets: ce n'est pas les commanditaires qui vont faire en sorte que les projets vont être arrêtés ou remis en question. Auparavant, si on n'était pas d'accord avec la sorte de commandite ou la visibilité souhaitée, il fallait chercher un autre commanditaire, le processus devenait plus long», explique la commissaire scolaire de Cartierville responsable du dossier, Jocelyne Cyr.

Elle note toutefois que les ententes de commandites seront envoyées à la direction des communications, qui pourra à l'occasion demander des «éclaircissements» au directeur de l'école.

Bien qu'elle ne soit pas en mesure de dresser un portrait quantitatif des commandites des écoles de la CSDM, Mme Cyr constate néanmoins un accroissement des ententes dans le cadre des projets de revitalisation de cours d'école, qui se multiplient depuis quelques années.

Le projet de politique limite la visibilité dont pourront bénéficier les commanditaires. Celle-ci ne devra pas être permanente et ne pourra viser directement les élèves. «La visibilité sera d'une durée équivalente à celle du projet auquel elle est associée et elle ne devra généralement pas dépasser une année scolaire. Toutefois, elle pourra être renouvelée au besoin», peut-on lire dans le projet qui fait l'objet d'une consultation jusqu'au 25 avril.

Pas question donc de jouer au ballon-chasseur dans la cour Saturn ou encore de dîner dans la cafétéria Lassonde. «On veut s'assurer que cela ne touchera pas l'élève directement en matière de consommation. Cela protège l'élève, l'école et la commission scolaire, pour qu'on n'ait pas le même genre de commandites qu'on peut trouver dans une université. Au bout de cinq ans, on ne verra pas encore la publicité du commanditaire lorsqu'on sera assis sur un banc», poursuit Mme Cyr.

On pourra par exemple mentionner le nom du commanditaire lors du lancement d'un projet, sur le site Internet de l'école ou encore dans le journal de l'établissement. Il y aura aussi une «gradation» de la visibilité accordée à l'entreprise en fonction de la valeur de la commandite.

Les commandites devront par ailleurs viser un projet en particulier -- comme une sortie éducative, un voyage, l'achat de matériel informatique ou la revitalisation d'une cour d'école -- et non l'établissement en tant que tel. «La commandite doit servir à [couvrir] des coûts non prévus aux budgets réguliers [...] et ne doit pas répondre aux besoins primaires et essentiels de l'établissement», précise-t-on dans le document.

En aucun cas pourra-t-on solliciter les élèves ou leur distribuer des outils promotionnels du commanditaire. Les entreprises dont «l'image» contrevient à la mission de l'établissement seront également proscrites, telles celles qui vendent du tabac, des boissons gazeuses ou de la malbouffe.

Interrogée sur le malaise que peut susciter la multiplication des commandites et les risques d'iniquités entre les différentes écoles, la commissaire fait valoir que les balises contenues dans la politique sont précisément là pour éviter des dérapages. «Je ne suis pas trop inquiète des différences entre un quartier et un autre. Pour que cela fasse une différence, il faudrait par exemple qu'une entreprise adopte une école. Or la politique ne le permet pas», plaide Mme Cyr.

Elle croit au contraire que la politique permettra de mieux sélectionner les commanditaires à approcher et de restreindre leur appétit. «Les commanditaires sont parfois très exigeants pour ce qui est de la visibilité. Quand on a une politique, on peut se protéger», affirme Mme Cyr.

La consultation prend fin le 25 avril. Le dossier devrait être présenté pour adoption le 7 mai prochain au conseil des commissaires de la CSDM.


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com