Audiences sur la distribution en télévision - Ne donnez pas gain de cause aux télés généralistes, dit Bell au CRTC

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La Presse canadienne
Édition du jeudi 10 avril 2008

Mots clés : Bell, CRTC, Média, Canada (Pays)

Gatineau -- Le CRTC ne doit pas se plier aux demandes des chaînes de télévision généralistes, qui veulent toucher des revenus d'abonnement au câble comme en reçoivent les chaînes facultatives, plaide Bell.

Le Groupe vidéo Bell a témoigné hier lors de la deuxième journée d'audiences du CRTC sur la câblodistribution, la distribution par satellite et la télévision spécialisée. Ces audiences se poursuivront jusqu'à la fin du mois.

Bell, qui offre notamment le service Bell ExpressVu, est l'une des cinq grandes entreprises de distribution de la radiodiffusion au Canada, avec Vidéotron, Rogers, Shaw-Star Choice et Cogeco.

Actuellement, les distributeurs versent des redevances d'abonnement aux chaînes de télévision facultatives. Or les télévisions généralistes, qui sont aux prises avec une baisse de leurs revenus publicitaires à la suite de la montée d'Internet et de la fragmentation des auditoires, revendiquent le même accès aux revenus d'abonnement que les chaînes facultatives.

En 2006, les revenus d'abonnement représentaient la principale source de revenus des chaînes facultatives, soit 63 % de leurs revenus totaux.

Les chaînes généralistes «n'ont même pas démontré qu'il y avait un problème à résoudre», s'est exclamé le président du Groupe vidéo Bell, Gary Smith, lors de son témoignage devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes. Bell a présenté son mémoire en anglais seulement.

M. Smith a soutenu que la situation financière des télévisions généralistes était acceptable et qu'elles devaient être plus imaginatives dans leurs efforts pour trouver de nouvelles sources de revenus.

Le chef des affaires réglementaires chez Bell Canada, Mirko Bibic, a même remis en question l'affirmation de Radio-Canada, faite la veille, voulant que les chaînes généralistes soient la pierre angulaire de la télévision canadienne, parce que ce sont elles qui réalisent les bulletins d'information ainsi que les séries dramatiques et qui exploitent des stations régionales au pays.

M. Bibic leur a reproché de revendiquer un accès aux redevances d'abonnement pour résoudre tous leurs problèmes, qu'il s'agisse de la récession économique ou d'une hausse des coûts de leur main-d'oeuvre. «Ça ne peut pas être une solution pour tous les problèmes», a-t-il lancé.

L'Association des producteurs de films et de télévision du Québec, de son côté, s'est montrée ouverte à l'idée que les chaînes généralistes aient accès aux revenus d'abonnement, mais à des conditions bien précises.

Sa présidente-directrice générale, Claire Samson, a suggéré que le CRTC établisse une contribution par abonné par mois pour l'ensemble des chaînes généralistes. Celles-ci se partageraient ce montant en fonction de critères comme leur contribution à la programmation canadienne et à la télévision haute définition.

Le revenu d'abonnement qu'elles toucheraient pourrait être inversement proportionnel aux revenus publicitaires que ces télés empochent, a suggéré Mme Samson. «Plus un diffuseur vend de la publicité, moins il aurait de redevances» d'abonnement au câble. «Ça ferait une télévision plus aérée et le consommateur en aurait pour son argent», a-t-elle dit.

Assemblage

Bell a également demandé la fin des règles d'assemblage des chaînes spécialisées, qui sont présentées au consommateur par blocs. «Au bout du compte, quelqu'un doit décider, et on croit que c'est le marché qui doit décider», a justifié M. Bibic.

Le conseiller Michel Morin s'est cependant inquiété du fait que, dans un tel contexte, les chaînes spécialisées indépendantes seraient bien mal placées pour négocier individuellement avec les distributeurs de signaux.

M. Morin a carrément demandé aux dirigeants de Bell s'ils se prenaient pour le CRTC. «Il n'y a plus de règles d'assemblage; il n'y a plus de règles d'accès. Dans le fond, vous êtes le nouveau CRTC en ce qui concerne les chaînes spécialisées; c'est un peu ça?» a-t-il demandé.


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