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Un investissement non une dépense
Comme économiste intéressé dans l'efficacité et l'efficience des politiques publiques, je suis extrêmement préoccupé par les conséquences d'un manque de support aux enfants en difficulté. Il y a un coût énorme pour la société québécoise d'avoir de très nombreux élèves quitter le niveau primaire avec des retards importants d'apprentissage. Il en résultera non seulement une réduction importante de leurs études subséquentes (incluant du décrochage) mais aussi une forte réduction de leur contribution sur le marché du travail pendant des décennies (de 30 à 40 ans) et, dans certains cas, une plus grande dépendance aux services sociaux offerts par nos gouvernements et payés par l'ensemble des citoyens. En somme, choisir de ne pas supporter mieux les enfants en difficulté est, selon moi, une décision gouvernementale qui est très mauvaise en termes de rentabilité sociale à moyen et long terme. En fait aider les enfants en difficulté devrait être considéré non pas comme une dépense mais comme un investissement à long terme fort rentable. Ce constat est exacerbé par l'accroissement de la concurrence à laquelle fait face l'économie du Québec et par le vieillissement rapide de sa population qui aura pour effet de créer une rareté de travailleurs.
J'ai été très impressionné par la qualité du support que le système finlandais apporte aux élèves en difficulté au primaire et je pense que nous avons plusieurs leçons à prendre de ce système. L'excellent reportage de Frank Desoer de Radio-Canada est très éloquent : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/02/14/013-finlande-desoer.shtml. En Finlande, on semble avoir de plus petite classe et mettre des ressources à la disposition des professeurs pour faire en sorte que la très grande majorité des élèves ne prennent pas des retards importants dans les matières de base.
Jean-Pierre Aubry
Président du Comité des politiques publiques
ASDEQ
