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Flammes et feux d'artifice.

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Gerry Pagé
Envoyé Le mardi 08 avril 2008 10:00



Jusqu'au monumental Manège militaire qui joint la parade de tous ceux et celles qui ont décidé de se soustraire aux fanfaronnades des spécialistes des olympiades virtuelles 2008! Le cénotaphe du Manège se joint au sarcophage patrimonial de Saint Vincent de Paul, dans une cacophonie de glas et de sirènes, de hauts cris et de réclames qui abasourdissent des cohortes de spectateurs hébétés et qui assourdissent les observateurs et les lecteurs des médias enflammés de la Capitale. Au regard des «brettages» du verbomoteur Magistrat de la Cité qui multiplie les impromptus et les improvisations dont son «nez d'homme d'affaire» ne semble piffer que les bonnes affaires de ses ambitions personnelles, il faudra que l'opinion citoyenne lève le ton d'un cran et qu'elle se fasse entendre, en direct et sans interprètes.

Emballages, entoilages, maquillages et poudrages, verbiages et «brettages», les marionnettistes du 400e spéculent et jacassent vouloir placer le Manège militaire au centre d'une «Opérette urbaine», quand on a, encore tout frais à la mémoire, les millions des piastres de la collectivité payeuse de taxes, qu'ils ont si inopinément fourrés dans les poches et les sacoches des promoteurs et instigatrices d'un «Opéra urbain» virtuel, ce flop national inscrit à la Une de 2008 ? Non merci !

Avant que le tout 2008 ne prenne en feu, sacré bordel, il faudrait que cessent les débit verbeux, les creuses envolées pompeuses, les tornades de jactance fanfaronne, les typhons de loquaces spéculations et de confabulations festivalières qui ciblent l'emballage du Manège militaire de Québec, mais qui n'ont d'objets que les fonds de scènes de cartes postales et les touristes imaginés et badauds kids kodak dont l'achalandage extrapolé se situe, depuis le premier jour de «l'an de disgrâce 2008», nettement en bas de la moyenne 2007, pour la même période.

Le Manège militaire venait à peine de s'éteindre que clameurs d'éloges et marées d'apologies déferlaient, alors que, très concrètement, il fut l'objet de décennies d'indifférences et de négligences, de désintéressements et de désinvoltures dont ont fait montre, entre autres, les millions d'itinérants festivaliers des bacchanales hivernales et estivales, qui très souvent, avant même la mi-temps du marathon de leurs rituels, ne le voyaient même plus. À part quelques touristes kids kodak en calèches, les curieux et curieuses qu'attirait le Festival de musique militaire, ne regardaient-ils pas, ne photographiaient-ils pas davantage les militaires que leur Manège.

Quand on entend les débordements d'éloges en faveur du monument architectural, on ne peut s'empêcher de penser aux orages d'émotions qui entourent le folklore de nos habituels procès de béatification et qui déferlent sur nombre des monuments humains qui succombent aux feux de la mort et qui s'éteignent dans l'indifférence absolue et l'oubliance totale des CHSLD et autres parkings du Québec.

En deçà du constat des sensibilités historiques collectives et des émotivités opportunistes sélectives, le Manège militaire a un propriétaire à qui appartiennent les décisions relatives à sa reconstruction, qu'elle soit identique ou de toute autre nature. Toutefois, je suis du nombre de ceux et de celles qui croient sincèrement que la beauté exceptionnelle et la valeur historique du Manège militaire de Québec qui unit les Champs de bataille nationaux de l'histoire de nos canons guerroyeurs à la Grande Allée de tous les cannons à la mode, ceux de nos espoirs de modernité sociétale associés à ceux de tous nos efforts de convivialité citoyenne, militent et plaident évidemment en faveur d'une reconstruction fidèle aux plans originaux. À la limite, une reconstruction dont tout l'extérieur soit un très fidèle témoin de l'histoire, alors qu'on pourrait intégrer, en son intérieur, sans manquer de respect à la mémoire non plus qu'à l'histoire militaire de Québec, des aménagements qui puissent répondre aux besoins pluriels de l'avenir militaire et civil, tout en le mettant aux normes des plus hauts standards de sécurité.

Gerry Pagé
Québec

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