Rapport - Les progrès politiques en Irak «irréguliers et superficiels»

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

AFP
Édition du lundi 07 avril 2008

Mots clés : étude, progrès politiques, Institut de la paix américain, Forces armées, États-Unis (pays), Irak (pays)

Washington -- Les États-Unis risquent de rester embourbés dans un marasme coûteux et sans fin en Irak en raison de progrès politiques «irréguliers et superficiels», selon une étude de l'Institut de la paix américain (USIP) publiée hier.

«Les progrès politiques sont si lents, irréguliers et superficiels, et les divisions sociopolitiques, si profondes, que les États-Unis ne sont pas plus près de pouvoir quitter l'Irak qu'ils ne l'étaient il y a un an», analyse ce rapport de l'USIP, dont les experts avaient conseillé le Groupe d'études sur l'Irak coprésidé par l'ancien secrétaire d'État James Baker en 2006.

Ce groupe d'études avait appelé en décembre 2006 à commencer le retrait des troupes américaines et à faire des ouvertures économiques à la Syrie et l'Iran.

Tout en tenant compte du rôle joué par l'envoi de renforts militaires américains dans l'amélioration des conditions de sécurité, l'analyse publiée hier souligne la fragilité de la situation et le peu d'influence de Washington sur le gouvernement à Bagdad. «La baisse du niveau de violence, qui reste largement en deçà des besoins irakiens et américains, laisse la situation fragile et tributaire de la présence des forces américaines», lit-on.

«Or, notamment parce que les États-Unis n'ont imposé aucune condition pour leur soutien au gouvernement irakien, ils ont peu d'influence sur ses décisions», alors que «l'Irak souffre d'un gouvernement central faible et divisé ayant peu de capacité à gouverner».

«Sans progrès politique, les États-Unis risquent d'être retenus pour longtemps en Irak, avec des conséquences graves pour leurs intérêts ailleurs dans le monde», est-il encore précisé. Cela pourrait prendre cinq à dix ans d'un engagement américain «plein et inconditionnel» avant que de sérieux progrès politique prennent racine.

Cette étude est publiée deux jours avant l'audition très attendue au Congrès de l'ambassadeur américain Ryan Crocker et du commandant en chef des forces américaines en Irak, le général David Petraeus, qui devraient recommander une pause dans la réduction des effectifs militaires. Elle préconise, si Washington décide de maintenir son niveau d'engagement envers l'Irak, soit de travailler à renforcer les collectivités locales, soit de pousser à un «grand marchandage» au niveau national entre les factions rivales.

Si au contraire les États-Unis décident de réduire leur présence, comme le préconise l'opposition démocrate au président George W. Bush, les Américains pourraient par exemple lier leur rôle à une décentralisation du pouvoir, Bagdad n'ayant plus pour tâches principales que de répartir les revenus pétroliers et d'entretenir une armée efficace.

L'USIP envisage également l'hypothèse d'un retrait militaire sans condition et «presque total», s'accompagnant d'une poussée diplomatique pour reconstruire des alliances régionales, et d'un redéploiement militaire dans le Golfe, où les troupes seraient en mesure de revenir en Irak si nécessaire -- ce qui ressemble beaucoup aux promesses des présidentiables démocrates Barack Obama et Hillary Clinton. En énumérant ces options, les experts ne se sont pas mis d'accord pour décider laquelle était la meilleure, précise le rapport.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com