Traversée de Londres mouvementée pour la flamme olympique

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AFP
Édition du lundi 07 avril 2008

Mots clés : manifestations, flamme olympique, Sport, Jeux olympiques, Chine (République populaire) (Pays), Grande-Bretagne (pays)

Londres -- La flamme olympique a effectué hier une traversée de Londres mouvementée, alors que plusieurs milliers de manifestants antichinois se sont employés à gâcher la fête en tentant de s'emparer du flambeau, voire de l'éteindre au moyen d'extincteurs.

En début de soirée, 36 personnes avaient été arrêtées pour des atteintes à l'ordre public, selon Scotland Yard. Les manifestations, et les interpellations parfois musclées qu'elles ont entraînées, n'avaient pas fait de blessés en fin d'après-midi.

Moins d'une heure après le début du parcours, qui se sera déroulé en grande partie sous la neige, deux manifestants surgis de la foule ont tenté d'éteindre la flamme lors d'un passage de relais dans le quartier de Ladbroke Grove.

Ils ont déclenché un extincteur sur lequel était inscrit la mention «extincteur de propagande», provoquant un début de panique dans la foule. Ils ont été immédiatement arrêtés sans ménagement.

Tout au long de la journée, des policiers se sont eux aussi relayés à pied, à cheval, à vélo ou à moto, pour escorter la flamme et son porteur, eux-mêmes entourés d'un premier cercle de représentants du comité d'organisation chinois des JO.

Un manifestant a par ailleurs été plaqué au sol et arrêté après avoir failli s'emparer de la torche alors qu'elle était portée par une jeune présentatrice-vedette de la télévision de la BBC, Konnie Huq.

Plusieurs manifestations plus ou moins pacifiques, notamment à l'appel des associations Free Tibet (Tibet libre), Free Burma (Birmanie) ou Reporters sans frontières, étaient organisées tout au long de la journée.

Huées pour Gordon Brown

Parmi les manifestants, Robert Vaughn, 35 ans, arbore un drapeau et un bonnet aux couleurs du Tibet. «J'aimerais que Gordon Brown apporte au peuple tibétain le même soutien qu'au peuple zimbabwéen», a-t-il déclaré.

Des huées ont d'ailleurs accompagné l'arrivée de la flamme devant la résidence officielle du premier ministre Gordon Brown, où plus d'un millier de personnes s'étaient réunies. La secrétaire d'État chargée de la préparation des JO de Londres en 2012, Tessa Jowell, a estimé que cela aurait été une «grave erreur» d'interrompre le relais à cause des manifestations.

«J'espère que le message qui va circuler dans le monde est que, c'est vrai, il y a au Royaume-Uni plusieurs citoyens qui ont des sentiments très vifs à cause du bilan de la Chine en matière de droits de l'homme, qui insistent sur l'importance d'un dialogue avec le dalaï-lama, et aussi qu'au Royaume-Uni nous tenons au droit à protester de façon pacifique et légale, ce qui globalement a été le cas aujourd'hui», a-t-elle déclaré sur la BBC.

À l'entrée de Fleet Street, artère qui mène à la cathédrale Saint-Paul, une centaine de manifestants ont encerclé le porteur de la flamme et son escorte, obligeant Scotland Yard à changer de plan: le relais suivant s'est déroulé à bord d'un bus, et non à pied comme initialement prévu.

Malgré tous les obstacles sur son parcours, la flamme olympique, transportée au total par 80 relayeurs dont plusieurs stars du sport britannique, est arrivée comme prévu à 17 h GMT à son terminus londonien, la salle O2 Arena de Greenwich où une grande fête était prévue. Elle doit s'envoler dans la soirée vers Paris où une nouvelle journée de protestations est annoncée pour aujourd'hui.

Des manifestants antichinois ont d'ailleurs organisé un relais alternatif entre Londres et Paris: une «torche de la liberté tibétaine» a embarqué à bord d'un Eurostar à l'issue d'une manifestation organisée par Free Tibet.


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