La femme forte de Laval
Mots clés : Michelle Courchesne, maire Vaillancourt, Gouvernement, Laval (région), Québec (province)
La députée de Fabre s'entend bien avec le maire Vaillancourt. Ce qui lui attire certaines critiques.

Photo: Pedro Ruiz
Lise Bacon estime que le maire Vaillancourt «mène tout» dans sa ville: «Tout passe par l'hôtel de ville à Laval. Ce serait intéressant qu'un jour les gens s'y mettent et regardent de près ce qui se passe là.»
Michelle Courchesne répond qu'il est de notoriété publique que Mme Bacon a toujours été une «ennemie politique de Gilles Vaillancourt». Elle dit avoir fait un autre choix: «C'est sûr que ça ne plaît pas à tout le monde. Mais ça fait partie de mon travail [...]. Que Mme Bacon m'explique en quoi je n'ai pas servi les Lavallois en choisissant de travailler avec le maire!» Et ce choix ne l'empêche pas, souligne-t-elle, de dire tout haut ses désaccords avec Gilles Vaillancourt.
Elle s'est par exemple prononcée contre le projet d'Attractions hippiques à Laval, dans le comté de Fabre. «Ça ne faisait pas l'affaire du maire», qui y était favorable. «Je ne me suis jamais sentie muselée par Gilles Vaillancourt», insiste-t-elle.
Trifluvienne, Lavalloise, Québécoise
Née à Trois-Rivières en 1953, Michelle Courchesne dit avoir une «identité lavalloise» très forte puisqu'elle y habite depuis les années 70. En 1993, le ministre libéral André Bourbeau lui suggère même de se présenter dans le comté de Chomedey alors que tout le monde croit que Lise Bacon, alors malade, est sur le point de démissionner. Michelle Courchesne refuse et prévient le cabinet de sa patronne.
Mme Bacon est scandalisée, fait un esclandre. Elle n'a d'ailleurs pas encore pardonné à André Bourbeau. «J'ai tenté d'oublier... » Mais elle se souvient du «geste de loyauté» de Michelle Courchesne.
Revenons à l'identité. Michelle Courchesne se dit «très nationaliste», sentiment qu'elle a acquis lors de ses études en sociologie à l'Université de Montréal. Ce choix de la «socio», elle le qualifie encore d'«étrange» puisque «toute sa classe» de Brébeuf optait pour le droit. «Ma mère était persuadée que j'allais m'inscrire en droit!», dit-elle. Mais au collège, une professeure lui avait transmis sa passion des phénomènes de société, notamment générationnels. En socio à l'UdeM, c'est la grande époque de Marcel Rioux. «C'était très marxiste-léniniste. On étudiait Le Capital de Marx. Je n'ai jamais pour autant été marxiste.» Souverainiste? Jamais non plus, soutient-elle.
Pourtant, elle dit avoir «beaucoup apprécié Guy Rocher, qui a aussi été [son] prof et dont [elle] garde un excellent souvenir», non seulement pour sa vision du Québec mais aussi parce qu'il faisait découvrir à ses étudiants la sociologie américaine. Elle fera par la suite une maîtrise en urbanisme, parce que «c'était plus près de l'action». Lors d'un stage, elle deviendra spécialisée en réglementation: «Le zonage, ça me passionnait.»
Un savoir qui lui a d'ailleurs permis d'étoffer son opposition au projet d'hippodrome, fait remarquer une citoyenne de Sainte-Dorothée, Carole Poirier, elle aussi opposée au dessein d'Attractions hippiques.
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Pourquoi ce panégyrique? - par Pierre Zwngli
Le dimanche 06 avril 2008 02:00

