De sous-ministre à sur-ministre

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Antoine Robitaille
Édition du samedi 05 et du dimanche 06 avril 2008

Mots clés : Michelle Courchesne, Gouvernement, Éducation, Québec (province)

Michelle Courchesne revendique le droit de résister à «la machine»

Québec -- Lise Bacon le dit d'emblée: une des grandes qualités de son ancienne protégée, c'est qu'elle réussit à «ne pas trop écouter ses fonctionnaires». «Les ministres de l'Éducation ont toujours été un peu embourbés avec leurs fonctionnaires. Les pédagogues sont forts, vous savez!», fait-elle remarquer. Mais Michelle Courchesne, elle, leur tient tête.

L'ancien ministre péquiste Joseph Facal, ex-député de Fabre et adversaire de la «réforme Marois», est d'accord. «Je crois qu'elle essaie, de son mieux, de redonner un peu de place au bon sens, ce qui est extraordinairement difficile dans un secteur qui, au Québec, est sous la férule des "sciences de l'éducation".»

Chose rare chez une ministre, Mme Courchesne revendique, jusque et y compris aux heures de grande écoute, sa résistance à la «machine». Sur le plateau de Tout le monde en parle, elle rétorque à Jean-François Lisée, qui vient de dire que les fonctionnaires avaient détourné la fameuse réforme: «Je ne partage pas l'opinion que les fonctionnaires sont toujours ceux qui nous contaminent, qui nous forcent à prendre des décisions. On a une responsabilité, ajoute-t-elle, comme ministre, comme gouvernement... c'est nous qui sommes les décideurs.»

Dans une entrevue aux Francs-tireurs à Télé-Québec, elle se fait plus brutale au sujet des commis de l'État. «Je ne peux pas tous les sacrer dehors. Parce qu'ils ont des conventions collectives et ils ont une sécurité d'emploi qu'on respecte.» Phrase qu'elle regrettera d'ailleurs et à propos de laquelle elle s'expliquera avec les principaux intéressés. Elle organisera même des rencontres avec chacune des équipes du ministère. Une première, selon des sources au ministère. Celles-ci notent du même souffle qu'il ne faut pas se méprendre: beaucoup d'employés de l'État aiment et respectent une ministre qui a de la poigne.

Il n'y a pas qu'à la télé que la ministre brasse ses employés. Selon Suzanne Chartrand, professeure en didactique du français à l'Université Laval, aucun ministre de l'Éducation n'a jamais à ce point désavoué ses fonctionnaires. «Elle a récemment dit qu'il fallait récrire les programmes de français pour y réintroduire des éléments de progression des connaissances. C'est ce qu'il fallait faire. Mais ces programmes, ils étaient nouveaux, venaient d'être écrits!»

Liza Frulla soutient que c'est parce que Michelle Courchesne a elle-même été sous-ministre, donc fonctionnaire, qu'elle peut plus facilement secouer le cocotier. «Au ministère de l'Éducation, dans le fond, ta vraie clientèle, ce sont les fonctionnaires. Pour que ça marche, il faut que tu les connaisses. Et elle les connaît. C'est pour ça qu'elle réussit. Elle les voit venir.» Le précédent détenteur du portefeuille, Jean-Marc Fournier, n'avait pas saisi cet «esprit fonctionnaire» et s'était rapidement transformé en porte-parole de ses sous-ministres.

Michelle Courchesne se montre prolixe sur les atouts découlant de son expérience dans la «machine»: «Je suis capable de savoir jusqu'où pousser mes fonctionnaires. Je suis capable de faire la part des choses et de dire: "Là, je peux en demander encore plus." Parce que je sais que c'est possible, qu'il y a une solution et que ce que je demande, c'est réalisable, c'est faisable. En même temps, quand mon sous-ministre me dit que "telle chose pour X raison est impossible", je comprends très vite.»


Vos réactions


Lapsus - par Raymonde Chouinard
Le dimanche 06 avril 2008 12:00

Quel lapsus j'ai fait !!! - par Jean Desjardins
Le samedi 05 avril 2008 14:00

Les programmes du Mels n'ont pas de contenus LINGUISTIQUES depuis 1980. - par André Provost (mapl7@hotmail.com)
Le samedi 05 avril 2008 11:00

De l'intelligence, du cran, de la transparance - par Marc Gendron
Le samedi 05 avril 2008 10:00

Les programmes du Mels n'ont pas de contenus LINGUISTIQUES depuis 1980. - par André Provost (mapl7@hotmail.com)
Le samedi 05 avril 2008 10:00

Bien dommage... - par Jean Desjardins
Le samedi 05 avril 2008 10:00

Enfin - par Guy Poulin
Le samedi 05 avril 2008 10:00

Bravo - par Jean-Louis Hugues
Le samedi 05 avril 2008 09:00

Cette femme donne un punch au gouvernement - par Suzanne Ethier (ethiers@yahoo.com)
Le samedi 05 avril 2008 08:00

Une ministre résolue à tenir compte de la réalité scolaire - par roger girard (roger.girard.1@ulaval.ca)
Le samedi 05 avril 2008 07:00

de moins en moins - par Gérard Lépine (lepinegerard@yahoo.fr)
Le samedi 05 avril 2008 05:00

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