Bourse: profitez des bonnes occasions, qui foisonnent en ce moment
Mots clés : investissement, actions, Économie, Canada (Pays)
Mon conjoint et moi lisons régulièrement votre chronique dans Le Devoir et commençons à nous dire que nous devrions nous inscrire à votre classe Internet. Chaque année, c'est toujours la même question qui revient: «Où devrions-nous investir notre argent?» Notre problème est le suivant: nous ne voulons pas confier notre argent à un courtier, nous préférons nous en occuper nous-mêmes, mais notre intérêt envers le domaine financier est quasi nul. Nous vous remercions. - Marie-Soleil et Benoit
Je suis un abonné de votre lettre. J'ai acheté au cours des dernières années des actions de Metro pour mon portefeuille diversifié. J'ai été très étonné de lire récemment dans un journal que le titre de Metro était à éviter. J'aimerais bien avoir quelques éclaircissements à ce sujet.
Merci. - L. B.
Bonjour,
Pouvez-vous me dire ce qui se passe avec l'action de Power Corporation, qui ne cesse de reculer? - M. H.
Ouf! La Bourse soulève doute et inquiétude envers les titres des sociétés. Même les titres des très grandes compagnies ne sont pas épargnés. En particulier les titres des grandes institutions financières. Leurs détenteurs ont en effet subi toute une raclée depuis août 2007. Une dégelée atteignant parfois 30 % et plus dans le cas de certaines banques par rapport au sommet des 52 dernières semaines.
Ce comportement de montagnes russes des titres des entreprises de certains secteurs boursiers fait que beaucoup de petits investisseurs s'interrogent sur la qualité de leurs placements, voire sur la pertinence même d'investir dans les actions. Comme L. B. qui se demande ce qu'il advient de son placement dans Metro. Ou encore comme M. H. qui s'inquiète de son placement dans Power Corporation. Ou encore comme Marie-Soleil et Benoit qui hésitent à placer des sous à la Bourse, probablement peu encouragés par la dégringolade des indices.
Or c'est durant ces périodes d'affaissement des cours que le petit investisseur devrait être davantage aux aguets pour saisir les bonnes occasions de placement. Épouser cette attitude contraire à l'humeur des marchés n'est pas chose facile à faire. La nature humaine veut plutôt qu'on coure après les titres lorsqu'ils grimpent et qu'on les largue lorsqu'ils descendent trop vite.
Il est d'ores et déjà admis que l'économie américaine accuse un fort ralentissement au point de frôler ou de basculer en récession au cours des prochains mois. En de telles périodes de fort ralentissement, les indices boursiers peuvent se replier de 20 % et plus par rapport au dernier sommet atteint. C'est ce qu'a presque fait l'indice américain Dow Jones en reculant entre son dernier sommet atteint en octobre dernier et son plus récent plancher atteint en mars dernier. Le plongeon a été d'un peu plus de 18 % durant la période. Depuis, l'indice s'est redressé, passant d'un plancher de 11 635 à 12 626 à la fermeture des marchés le jeudi 3 avril.
Le repli s'inscrit donc dans la norme enregistrée lors de tels ralentissements de l'activité économique. Cependant, ce que le petit investisseur doit savoir est que les cycles économiques alternent, passant de périodes de ralentissement, voire de contraction, à des périodes de croissance, parfois de forte croissance. Il doit aussi savoir que les premières sont habituellement beaucoup plus courtes que les secondes.
Le redressement récent de l'indice Dow Jones pourrait d'ailleurs signifier que le pire est passé. En effet, les autorités américaines ont injecté des centaines de milliards de dollars américains dans les marchés financiers et autres par le truchement de politiques monétaire et fiscale devenues très accommodantes, question de sortir l'économie de sa présente torpeur. Ces mesures devraient avoir un effet bénéfique sur l'activité économique à partir du second semestre 2008.
Par ailleurs, même si l'activité économique a ralenti passablement au sud de notre frontière, la situation financière fondamentale à long terme des grandes entreprises demeure généralement très saine. Certes, plusieurs d'entre elles devront se contenter d'une croissance plus faible de leurs profits, voire d'une stagnation de ceux-ci. Mais à moyen terme, elles sont en excellente position pour participer à une éventuelle reprise de l'activité économique.
Cela est encore plus vrai pour les grandes entreprises canadiennes grâce au découplage évident de notre économie par rapport à celle des États-Unis. En effet, le fort ralentissement enregistré au sud de notre frontière n'a pas jusqu'à présent empêché l'économie canadienne de maintenir le cap sur la croissance.
Bien que leurs actions aient été fortement malmenées à la Bourse, nos banques sont en général peu impliquées dans toute la question des prêts hypothécaires à haut risque sévissant aux États-Unis. De surcroît, elles évoluent dans un contexte économique plus sain que celui prévalant au sud de notre frontière.
Conséquence: les cours dépréciés des titres de nos institutions financières sont probablement de belles occasions de les accumuler graduellement, sur faiblesse des cours. Imaginez! Les actions de certaines grandes banques canadiennes s'échangent actuellement sur la base d'un taux annuel de dividende de 5 % et plus, du rarement vu.
Les actions d'autres institutions financières se sont également repliées en tandem avec les titres bancaires. Pourtant, ces firmes sont peu ou pas concernées par la déconfiture des prêts hypothécaires à haut risque. C'est le cas notamment de Power Corporation, dont les profits sont au rendez-vous.
Évidemment, l'investisseur prudent verra à ne pas placer ses billes uniquement dans le secteur financier. Il verra à les répartir dans d'autres secteurs stratégiques, comme l'énergie (production d'électricité, pétrole, gaz naturel, pipelines), les produits de consommation de base (dont l'alimentation et la santé), l'ingénierie et la construction lourde, les transports, les médias et télécommunications, etc.
Outre les actions, il peut regarder du côté des unités de sociétés de fiducie oeuvrant dans les secteurs précités, qui s'échangent présentement sur la base de taux de distribution annuel de presque 10 %.
L'actuel repli des indices boursiers fait que les bonnes occasions de placement à long terme foisonnent. Aussi le temps est-il opportun pour le petit investisseur d'amorcer un programme d'achat d'actions échelonné sur un an et demi visant à accumuler graduellement, sur faiblesse des cours, les actions de huit grandes sociétés canadiennes versant de bons dividendes et lui permettant de participer à cinq secteurs clés de notre économie.
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cchiasson@proplacement.qc.ca
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Vos réactions
En êtes-vous bien sûr? - par Marc-André Morency
Le vendredi 11 avril 2008 15:00
Peut-être encore... - par Patrick Lépine
Le samedi 05 avril 2008 14:00
Un peu tard pour les banques.... - par jacques noel
Le samedi 05 avril 2008 12:00
Peut-être - par Paul Lafrance
Le samedi 05 avril 2008 07:00

