Voyage à l'ère planétaire - 6
Mots clés : Sarkozy, Louise Beaudoin, Gouvernement, Québec (province), France (pays)
Sydney, Australie -- Il n'y a aucun coin de la planète où les débats qui nous divisent ne peuvent nous rejoindre. Il suffit de cliquer sur la souris et voilà que nous sommes plongés dans nos tourmentes historiques. Je ne m'étonnerai guère que mon amie Louise Beaudoin réagisse avec la ferveur et l'indignation qu'on lui connaît à la suite d'une allusion faite par l'ancien premier ministre français Jean-Pierre Raffarin à un changement de cap qui pourrait être amorcé par le président Sarkozy dans les relations entre le Québec, la France et, par ricochet, le Canada.
Or cette hargne caractérise avant tout la génération des baby-boomers, car les jeunes Québécois d'aujourd'hui sont différents de ceux qui les précèdent. Plus à l'écoute, moins coincés, ils débarquent en France et découvrent, en dehors des attraits mille fois décrits, un capital d'affection dont on ne peut pas dire qu'il soit aussi intense de notre côté de l'Atlantique. Donc, devant cette possibilité, non confirmée en haut lieu, d'une éventuelle rupture dans les rapports historiques entre le Québec et la France (un deuxième abandon, quoi!), les défenseurs de longue date de la souveraineté, les anticapitalistes qui ont toujours diabolisé le richissime patriarche Paul Desmarais, l'ami de Nicolas Sarkozy, et ceux qui détestent la France par un aveuglement de colonisés à rebours, tous ceux-là réagissent violemment.
Pourtant, est-ce intolérable que la France dirigée par Nicolas Sarkozy ajuste sa politique à l'égard du Québec à la lumière de la situation, non pas rêvée ou hypothétique, mais plutôt réelle du Québec actuel? Nicolas Sarkozy, comme tout le monde, n'ignore pas que les Québécois ont voté non, deux fois plutôt qu'une, aux référendums sur la souveraineté. Nicolas Sarkozy doit bien jeter un coup d'oeil sur les notes qu'on lui prépare, et savoir que le Parti québécois a remisé pour un temps indéterminé tout référendum.
Il sait, de plus, que c'est le gouvernement de Jean Charest qui dirige le Québec et que M. Charest n'accepterait jamais d'être le fossoyeur des accords historiques entre la France et le Québec. À n'en point douter, la France officielle, de gauche comme de droite, a pris note de la volonté populaire du Québec. Ceux qui soutenaient depuis toujours le Québec dans son parcours vers l'indépendance ont été fortement déçus des échecs référendaires et, comme pour une partie des souverainistes eux-mêmes, leurs espoirs ont fondu et leurs appuis se sont relâchés.
N'est-ce pas compréhensible que la France dirigée par Nicolas Sarkozy préfère ne pas avoir à revivre ces périodes où le Canada comme le Québec voulaient qu'elle se commette dans un sens ou dans l'autre? Est-il imaginable que, dans une hypothèse lointaine où le Québec voterait sa sécession, la France s'opposerait à la création de ce nouveau pays francophone? Bien sûr que non. Mais nous sommes plus éloignés que jamais de l'existence d'une telle situation, et ce, par les choix que nous avons faits de demeurer dans le Canada et qui sont confirmés par les sondages actuels.
Depuis 1960, le Québec a réussi, à travers moult soubresauts et sous l'impulsion de tous ses gouvernements, une percée vers son existence internationale à l'intérieur d'instances même étatiques. Sans l'appui de la France et la combativité singulière des gouvernements péquistes, le Québec n'aurait pas rayonné à l'échelle internationale. Nos accords directs, multiples et divers avec la France ne devraient jamais être en recul. Mais il est nécessaire de réactualiser ces derniers.
Nos accords de coopération ont besoin d'être dépoussiérés. On en veut pour preuve l'accord qui permet à des étudiants français, dans un cadre bilatéral d'échanges, de venir étudier chez nous mais qui choisissent les universités anglophones, ce qui est contraire à l'esprit de l'accord lui-même. Il est aussi impératif de favoriser la mobilité professionnelle des Français qui veulent immigrer chez nous.
Les libéraux de Jean Chrétien disparus, Ottawa, avec les conservateurs, n'est plus en guerre ouverte systématique avec le Québec. La France en a pris bonne note. Qu'elle s'en réjouisse est-il si étonnant? C'est aux Québécois de décider de leur avenir collectif et c'est vraiment sous-estimer, voire insulter le président français que de lui prêter l'intention de s'immiscer dans les affaires internes canadiennes au point de prendre fait et cause pour l'une ou l'autre des parties. C'est aussi faire un procès d'intention au premier ministre Charest, le transformant en une sorte de traître à la patrie qui serait prêt à faire reculer le Québec sur le plan international au profit du Canada.
Enfin, faut-il répéter que nos relations avec la France doivent refléter la politique d'aujourd'hui plutôt que celle des années glorieuses en émotions mais qui se sont terminées par un choix plus pragmatique qu'audacieux? Quelle que soit la politique officielle de la France, les Français ne seront jamais indifférents à notre égard et, pas plus que nos liens affectifs, nos liens officiels et diplomatiques ne peuvent être altérés sans conséquences dommageables pour le Québec. Ce qui ne signifie pas qu'une mise à jour de ces relations soit tabou.
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denbombardier@videotron.ca
Vos réactions
fuck de phoques - par Raymonde Chouinard
Le mardi 08 avril 2008 10:00
j'en remets une couche - par henri gabrysz
Le lundi 07 avril 2008 22:00
fuck de phoques - par henri gabrysz
Le lundi 07 avril 2008 21:00
La gente - par Raymonde Chouinard
Le lundi 07 avril 2008 19:00
les victimes ont beaucoup de temps à perdre - par Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Le lundi 07 avril 2008 13:00
@ M. Lussier - par Serge Charbonneau
Le lundi 07 avril 2008 12:00
Ti-père Montoya - par Raymonde Chouinard
Le lundi 07 avril 2008 12:00
la «gente« - par Jean Lussier
Le lundi 07 avril 2008 01:00
les victimes ont beaucoup de temps à perdre - par henri gabrysz
Le dimanche 06 avril 2008 18:00
Nouvelles de l'Australie... - par Patrick Lépine
Le dimanche 06 avril 2008 15:00
La France de mes...aïeux! - par Pierre Guay (sacerdos887@hotmail.com)
Le dimanche 06 avril 2008 15:00
Qui trop embrasse mal étreint - par Marthe T. Fréchette (frechetteanmar@videotron.ca)
Le dimanche 06 avril 2008 14:00
Félicitations - par Raoul Mesquita
Le dimanche 06 avril 2008 10:00
Ouf! - par Yvon Montoya
Le dimanche 06 avril 2008 10:00
Et vous, M. Charbonneau, votre hargne hebdomadaire... - par Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Le samedi 05 avril 2008 21:00
réactions fort amusantes - par henri gabrysz
Le samedi 05 avril 2008 19:00
Assis entre deux chaises - par Guy Fafard
Le samedi 05 avril 2008 17:00
Et le Devoir - par François Beaulé
Le samedi 05 avril 2008 16:00
@Jacques Gagnon & Cie - par Raymonde Chouinard
Le samedi 05 avril 2008 16:00
Folle alliée... - par Patrick Lépine
Le samedi 05 avril 2008 13:00
Torchon quand tu m'habites - par Jacques Gagnon
Le samedi 05 avril 2008 13:00
Je suis reconnaissant à Denise Bombardier - par Jacques Lalonde (jlalonde@ca.inter.net)
Le samedi 05 avril 2008 13:00
Un pied dans la bouche, peut-être...madame? - par André Loiseau (andreloiselet@videotron.ca)
Le samedi 05 avril 2008 10:00
Et l'Australie ? - par Jean-Pierre Audet (jean.pierre.audet@videotron.ca)
Le samedi 05 avril 2008 09:00
Et Desmarais?? - par Claude Dumoulin (cdumoulin2002@yahoo.ca)
Le samedi 05 avril 2008 09:00
Un titre qui pique et qui... - par Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Le samedi 05 avril 2008 08:00
Ainsi va la vie... - par Michel Lebel
Le samedi 05 avril 2008 08:00
suite - par Gérard Lépine (lepinegerard@yahoo.fr)
Le samedi 05 avril 2008 05:00
bouchard et co - par Gérard Lépine (lepinegerard@yahoo.fr)
Le samedi 05 avril 2008 05:00
Madame Bombardier - par Jean Lussier
Le samedi 05 avril 2008 00:00

