Le Japon, pays du suremballage

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Philippe Mollé
Édition du samedi 05 et du dimanche 06 avril 2008

Mots clés : suremballage, Alimentation, Pollution, Japon (pays)

Le pays du Soleil levant est spécialiste de la petite boîte qui s'insère dans la grande

Au Japon, le cadeau alimentaire est prisé et recherché, presque autant que les cosmétiques. Ici, ce ne sont pas des fromages mais bien des gâteaux qui se cachent sous ces boîtes de bois.

Photo: Philippe Mollé

Le pays du Soleil levant peut surprendre le touriste ou le voyageur d'affaires à bien des égards. Le Japon attire mais peut aussi choquer les Nord-Américains qui, contrairement aux Japonais, ne mettent presque jamais l'accent sur l'emballage. On le sait, les Japonais sont les spécialistes du papier, de l'origami, de la petite boîte qui s'insère dans la grande, du cadeau et de l'art d'offrir.

Nous sommes mardi matin et je suis impatient de «vivre» l'ouverture du grand magasin Takashimaya, un genre de Galeries Lafayette ou d'Eaton à la japonaise, qu'on retrouve dans toutes les grandes villes du Japon. Stupéfaction: juste avant l'ouverture des portes, le directeur général et tous les cadres disponibles se trouvent devant le magasin. Quelques clients ou visiteurs curieux comme moi se font saluer à la japonaise, avec la formule consacrée, puis inviter à pénétrer dans le grand magasin, où ces saluts sont répétés par tous les employés à chaque étage.

L'emballage avant le produit

Toutes les marques issues des grandes maisons d'alimentation, présentes aux comptoirs des beaux magasins partout dans le monde, se dotent au Japon, pays très cher et très gourmand, d'emballages si beaux qu'on hésite à les ouvrir. Ces emballages nous sont familiers auprès des fabricants de cosmétiques mais s'avèrent plutôt surprenants à l'achat d'un simple sandwich ou d'une boîte de bonbons qui, il faut le dire, coûte trois fois le prix demandé au Québec.

Les Japonais sont de grands consommateurs, boulimiques de l'offrande et de l'échange, qui achètent la boîte avant ce qu'elle contient. Il faut dire que la présentation des comptoirs n'a rien de banal ici, pas plus que celle des produits. Rangé et décoré de papier de soie, un simple biscuit se donne des airs du dimanche avant la messe ou, comme ici, avant la visite au temple.

Rien n'échappe au luxe de l'emballage. Il est extrêmement étonnant de voir à quel point les Japonais, soucieux de l'environnement, de la propreté et de l'hygiène, multiplient et gaspillent le papier et les arbres aux seules fins du «bien paraître». Poissons, fruits et légumes, vendus à gros prix (100 $ pour un melon!), sont soumis à l'emballage endimanché. Où qu'on aille, du petit commerce de quartier au grand magasin de luxe, l'emballage fait partie de la vie des Japonais.

Dans ce pays aux mille facettes, tout est factice et souvent copié. On présente par des images les repas des restaurants, on expose en résine des copies conformes des sushis, des crevettes tempura ou de la bière Sapporo que vous consommerez. Rien n'est laissé au hasard, car dans un Japon où on s'ennuie et où le taux de suicide chez les jeunes figure parmi les plus élevés au monde, il faut faciliter l'achat compulsif très tôt et faire en sorte que cette drogue soit constamment disponible.

On consomme à chaque instant, peu importe le revenu. Dans ce processus, l'emballage joue en tout temps son rôle: celui du cadeau. Au cours de l'année, au moins quatre occasions sont fondées sur l'échange de ces cadeaux. En fonction du lien de parenté ou de la position hiérarchique, en amitié ou au travail, on offre des cadeaux qui peuvent parfois coûter très cher. Le cadeau alimentaire est prisé et recherché, presque autant que les cosmétiques, affirme M. Yamamura, spécialiste du marketing à Osaka. Ainsi, le melon à 100 $ a tout intérêt à être bon, même s'il est bichonné dans une boîte de bois, avec papier de soie et quelques fioritures décoratives. On peut aussi se demander si le melon sera consommé à sa pleine maturité ou dès qu'on l'aura offert.

Que le Japon soit le pays du suremballage, du cadeau ou tout simplement de la démesure, peu importe: les Japonais vous diront qu'ils font ainsi fructifier l'économie nipponne. Une question de choix qui, dans dix ans, pourrait changer l'histoire du cadeau.

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La recette de la semaine - Teriyaki de volaille au gingembre

Pour quatre personnes

- 500 grammes de poitrine de dinde ou de volaille découpée en cubes

- 30 ml de gingembre frais râpé

- 45 ml de sauce soya légère

- 30 ml de mirin

- 15 ml de vinaigre de riz

- 5 ml de wasabi ou raifort

- Sel (facultatif)

Dans un saladier, mélangez tous les ingrédients et laissez les cubes de volaille mariner pendant deux ou trois heures au réfrigérateur. Disposez ensuite la viande sur de petites brochettes de bambou. Faites-les griller sur une plaque à cuisson ou dans une poêle pendant quatre à cinq minutes.

Parfait pour servir à l'apéro ou dans un buffet.

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Gastroscopie - Saveurs de France, spécial Québec

Un numéro spécial qui rend hommage aux Québécois et souligne le 400e anniversaire de la ville de Québec vient tout juste de paraître. Restaurateurs, fromagers de renom, viticulteurs et personnalités du milieu gastronomique sont à l'honneur dans cette édition spéciale avec Yvan Lebrun, le chef de l'heure, qui rentre tout juste du Japon. Ce très joli magazine Saveurs de France est en vente au prix de 5,95 $ dans tout le Québec.

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Biblioscopie - Pizzas, Pamela Sheldon Johns, Éditions de l'Homme, 115 pages, 2008

Cet ouvrage bien sympathique traite du mets le plus connu et le plus populaire sur la planète: la pizza. On en raconte l'histoire et les débuts dans les familles du sud de l'Italie. De nos jours, la pizza, originaire de Naples, est devenue sophistiquée, et on la cuisine, comme dans ce livre, en 50 recettes qui vont de la très classique pizza aux tomates à la pizza aux truffes pour les plus fortunés. Bien illustré et concis, ce petit livre est une référence pour ceux qui aiment autant l'Italie que la pizza.

Philippe Mollé est conseiller en alimentation. On peut l'entendre tous les samedis matin à l'émission de Joël Le Bigot, Samedi et rien d'autre, à la Première Chaîne de Radio-Canada.


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écrire pour ne rien dire .. - par Claude Girard
Le lundi 07 avril 2008 01:00

"Lobe temporal gauche" ?? - par Marco Bergeron
Le dimanche 06 avril 2008 13:00

Nos emballages... - par Jacques Gagné
Le dimanche 06 avril 2008 10:00

La nature nipponne - par Philippe Champagne
Le samedi 05 avril 2008 23:00

Sortez de votre bulle, M. Mollé - par Hélène Horguelin
Le samedi 05 avril 2008 18:00

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