Grands espaces aux confins des Cantons-de-l'Est
Mots clés : Appalaches, lac Mégantic, Tourisme, Cantons de l'Est (Région), Québec (province)

Aux commandes du bateau, le capitaine Gérard Desgagnés, copropriétaire des Croisières Coudrier avec son frère Gildas. Martial Rancourt, officier et guide-animateur, nous dévoile tous les secrets de ce lac long de 16,7 kilomètres. L'entreprise a lancé ces croisières fin mai 2007 après une étude effectuée par le Centre local de développement sur les centres d'intérêt des touristes dans la région.
Le lac Mégantic avait déjà eu son bateau... au début des années 1900. Il s'agissait d'un bateau de ligne à vapeur qui reliait les villages entre eux. La région, habitée par des Écossais, des Canadiens français et des Anglais, était devenue très populaire dès l'arrivée du chemin de fer. On comptait alors 450 habitants et neuf hôtels à Lac-Mégantic! Plusieurs quais permettaient de desservir les sites autour du lac, dont quatre à Piopolis. Après le développement des routes, la navette a été abandonnée dans les années 1930. Par la suite, il y a eu un navire de tourisme jusqu'aux années 1990.
Alors que le mont Gosford (1193 mètres), plus haut sommet des Cantons-de-l'Est, se profile à l'horizon droit devant nous, le petit village de Piopolis émerge de la verdure au pied des collines. Un clocher blanc par-ci, une petite marina par-là. Le village a été fondé en 1871 par des zouaves pontificaux qui avaient reçu pour mission de faire progresser le catholicisme. Il s'agit d'un site magnifique dans un environnement forestier très dense, avec vue magnifique sur le lac. Tous les étés depuis dix ans, le Festival Saint-Zénon, du nom de la paroisse du village, attire au bord de l'eau ou dans l'église des amateurs de musique classique et de musiques du monde.
Delphine Verrault est née ici. Fière de son coin de pays et amoureuse inconditionnelle des chevaux depuis sa plus tendre enfance, elle a lancé, avec l'aide de son père Jacques, le centre équestre Le Vent du Sud. Sur la terre familiale de 110 acres, au milieu des bois et des prairies, cette diplômée en tourisme équestre bichonne ses 13 chevaux, pur-sang arabes, croisés arabes ou jument belge. Elle organise des cours d'équitation et des sorties d'une heure à une journée.
Après une initiation détaillée à l'art et la manière de monter de façon sécuritaire, nous voilà partis par le chemin des Pionniers, en compagnie de Delphine et de Shadow, Tex, Merlin et Nomade, pour une balade pittoresque. Nous longeons un petit marais très fréquenté par les orignaux, passons à travers plaine et vallons, traversons une érablière et retrouvons finalement au bord du lac Mégantic, le tout sans quitter la propriété.
Paradis de l'eau
Parc national de Frontenac. En plein milieu de la baie Sauvage, pas question de poser la pagaie pour humer le fond de l'air. Sous un bon vent qui agite notre rabaska comme une coque de noix, nous progressons au clapotis des vaguelettes irisées par le soleil en rayons argentés qui font étinceler cette immense tache bleue. Il faut avancer. Les berges, cernées par une végétation vert tendre aussi dense que sauvage, font la part belle aux épinettes noires, frênes, érables à sucre et majestueux pins blancs, formant avec le bouleau jaune la forêt mixte qui couvre le parc national de Frontenac.
Au cours de cette expédition de deux heures et demie en direction des chutes de la rivière Felton, au fond de la baie, nous allons remonter le temps avec notre guide, Mehdi Daoudi, et découvrir l'histoire de la région et du parc.
Les premiers humains à fréquenter les environs étaient les Méganticois, hommes préhistoriques amérindiens, il y a quelque 10 500 ans. Des artéfacts vieux de 6000 ans ont aussi prouvé que les abords de l'actuel lac Saint-François étaient fréquentés par les populations primitives. Beaucoup plus près de nous, au milieu du XVIIe siècle, les Abénakis, descendants des Méganticois, obtiennent un immense territoire de chasse, allant de la rivière Saint-François à la rivière Magog, grâce au gouverneur Frontenac. Commence alors une période intense de commerce de la fourrure avec les premiers colons blancs. Les voyageurs parcourent les rivières en rabaska, ce grand canot des Indiens qui peut transporter jusqu'à dix personnes. Français, Écossais et Anglais transforment le paysage en développant l'agriculture et l'industrie. Ainsi, un barrage érigé en 1888 a créé le lac Saint-François, actuellement bordé par le parc sur une partie de ses deux rives. En 1917, le barrage Jules Allard double quasiment la surface du lac, qui s'étend sur 27,5 kilomètres de long. On y pratique la drave jusque dans les années 50. Quand les notions de tourisme et de villégiature se développent, on prend conscience du caractère précieux de ce territoire tout en lacs, rivières et tourbière, situé dans une cuvette au creux des collines du massif de Winslow. Couvrant une surface de 155 kilomètres carrés, le parc national de Frontenac voit le jour en 1987.
Au bord de la majestueuse rivière Felton, une surprise nous attend sur les grands rochers plats qui la bordent: une dégustation des meilleures spécialités régionales. Avec encore quelques histoires et légendes amérindiennes à la clé.
Paradis des oiseaux
Après une nuit au chalet Martin, magnifiquement situé au bord du paisible lac des Îles, nous partons pour une randonnée pédestre le long du sentier Les Grands Pins. Départ du camping Baie Sauvage pour une boucle de 6,2 kilomètres. Nous ne sommes pas vraiment seuls. Ça s'agite dans les arbres! Paruline flamboyante, paruline couronnée, paruline à gorge noire, bruant des marais et autres merles d'Amérique offrent un magnifique concert en si bémol mineur ou majeur, selon le cas! Le parc de Frontenac regorge d'oiseaux. On en dénombre 191 espèces. Le grand héron, par exemple, emblème du parc, est particulièrement présent dans la baie Sauvage. Le sous-bois, bordé de fougères, longe la baie. Plusieurs blocs erratiques, grosses roches éparpillées au pied des majestueux pins blancs et des bouleaux jaunes, ont été laissés là lors du retrait des glaciers. Quittant la baie, nous remontons la rivière à travers bois pour arriver, après de superbes chutes, au lac à la Barbue. Les adeptes du canot-camping s'en donnent à coeur joie sur ce circuit avec un portage d'un kilomètre. Dans ce repaire de chevreuils pousse la peltandre de Virginie, une plante de lisière d'étangs qu'on trouve seulement à trois endroits au Québec. Décidément, il y a beaucoup de trésors à découvrir par ici!
En vrac
- Auberge Les Victorines du Lac: 1886, route 161 Sud, chemin Woburn, Lac-Mégantic. Une charmante auberge faisant partie du réseau de l'Hôtellerie champêtre, récemment acquise par Guy Nadeau et Renée-Claude Drouin. Tout y est propice à la détente: splendide parc boisé donnant sur le lac Mégantic, 20 chambres douillettes, centre de massothérapie, spa. Côté restaurant, le chef James Stearns concocte une cuisine santé, allégée et savoureuse, en mettant l'accent sur l'accord mets-vins. Réservations requises. 1 866 494-6904, www.victorines.qc.ca.
- Auberge d'Andromède: 495, rang 6, Courcelles (près du parc national de Frontenac). Avis aux cavaliers et aux gourmets: ici, vous pourrez faire de l'équitation à votre guise (différentes randonnées sont proposées avec la maîtresse des lieux), vous détendre dans le spa, déguster du foie gras maison de canards du Périgord (la spécialité du chef propriétaire), du poulet de grain ou autres cailles venant de la ferme des propriétaires. Gilles Leclerc et Gina Hallé adhèrent au mouvement Slow Food et s'attachent à préserver les produits du terroir. Ambiance champêtre, avec quatre chambres pour faire de beaux rêves. 418 483-5442, www.aubergeandromede.com.
- Parc national de Frontenac, 599, chemin des Roy: pour un séjour en pleine nature. Vous pouvez louer un des huit chalets équipés de tout le confort requis, situés au bord de lacs paisibles, le refuge du lac des Ours, planter votre tente dans le sous-bois avec accès direct au lac (le parc compte quatre campings avec tous les services) ou profiter d'un camping rustique après une expédition en canot. Coordonnées ci-dessous.
Le parc est ouvert toute l'année. Activités de la saison estivale du 22 juin au 17 août. Randonnées guidées en rabaska (expédition Felton, découverte de la baie aux Rats Musqués et des habitats de la faune), sortie en canot au crépuscule, randonnée guidée de la tourbière, causeries en soirée... ). On y offre aussi de nombreux sentiers de randonnée pédestre, des forfaits canot-camping et la location d'embarcations. 1 800 665-6527, www.parcsquebec.com.
- Croisières Coudrier, 3521, boulevard Stearns, marina de Lac-Mégantic. Croisières commentées d'une heure et demie; croisières-excursions avec arrêt de deux heures et demie à Piopolis; croisières avec divers forfaits (visite de l'AstroLab du parc national du Mont-Mégantic, théâtre d'été, soirées musicales à bord, soupers-croisières). Pour la saison 2008: les week-ends de la fin de mai au 23 juin et de la mi-août au 13 octobre; tous les jours du 24 juin à la mi-août. Réservations requises. 1 888 600-5554, www.croisierescoudrier.qc.ca.
- Centre équestre Le Vent du Sud, 254, rang des Grenier, Piopolis. La propriétaire Delphine Verreault, guide-enseignante en tourisme équestre, est une passionnée qui vous transmettra son amour du cheval. Cours d'équitation, sorties d'une heure à une journée complète, en petits groupes de six personnes au maximum. Réservations requises. Ouvert toute l'année. 819 583-0202.
Renseignements sur la région: Tourisme Cantons-de-l'Est, 1 800 355-5755, www.cantonsdelest.com; Centre local de développement de la MRC du Granit, région de Mégantic, 1 800 363-5515, www.tourisme-megantic.com.
***
Collaboration spéciale
Vos réactions
Mont Gosford au nom du Sanguinaire Gosford - par Kris Richard
Le samedi 05 avril 2008 11:00

