Fortier accusé de harcèlement psychologique

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Kathleen Lévesque
Édition du vendredi 04 avril 2008

Mots clés : délégué général du Québec à New York, Bruno Fortier, Gouvernement, États-Unis (pays), Québec (province)

L'ex-délégué général du Québec à New York se confie au Devoir

L'ex-délégué général du Québec à New York, Bruno Fortier, a soutenu hier en entrevue au Devoir que ce sont des plaintes pour harcèlement psychologique à son endroit ainsi qu'une guerre de pouvoir avec le ministère des Relations internationales qui ont provoqué son congédiement le 15 mars dernier.

La rencontre a eu lieu à la demande de M. Fortier, qui souhaitait ainsi donner son point de vue dans cette affaire qui fait la une des journaux depuis deux semaines et qui soulève beaucoup de suspicion ainsi que de nombreuses questions à l'Assemblée nationale, notamment en raison des liens d'amitié entre M. Fortier et le premier ministre Jean Charest. Visiblement tendu, le haut fonctionnaire déchu avait vraisemblablement préparé ses réponses, écrites à grands traits dans un cahier noir placé devant lui dans un petit salon du très sélect club Saint James, à Montréal.

Selon M. Fortier, quelques personnes de la délégation et du ministère ont eu sa tête, mais cela ne concerne que partiellement le plan de réorganisation qu'il se proposait de lancer. Des problèmes de relations de travail seraient à l'origine des plaintes déposées par des membres du personnel de la délégation. Hier, le ministère n'a pas voulu donner sa version des faits et confirmer qu'il s'agissait bel et bien de harcèlement psychologique.

«Quand on m'en a informé, j'ai offert ma collaboration. [...] Mais j'ai laissé au ministère le rôle d'arbitre, sachant que ceux qui avaient porté plainte ont aussi des droits», a-t-il dit, refusant d'être plus précis.

Selon les informations recueillies sous le couvert de l'anonymat, M. Fortier ne donnait pas de directives claires à son équipe. La ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, a quant à elle évoqué publiquement les difficultés de M. Fortier à motiver ses troupes. Le principal intéressé a indiqué n'avoir eu aucun problème «sur le plan personnel» et connaître de fond en comble la politique gouvernementale en matière de harcèlement psychologique. Il a rappelé ses 25 années d'expérience comme employeur. Il a toutefois ajouté ceci: «Peut-être, quand on est un bon bedeau, on est mauvais curé», faisant ainsi référence au fait qu'il avait dirigé pendant trois ans la section économique de la délégation avant d'être nommé délégué général, en juillet 2007. Chose certaine, la réalité d'une délégation comptant des employés d'origine, de culture et de religion très diversifiées exigeait un doigté qu'il n'avait pas, a-t-il reconnu.

C'est aux environs du 20 janvier dernier que le ministère a communiqué avec M. Fortier pour l'informer qu'il faisait l'objet de plaintes. L'ex-délégué a affirmé ne pas avoir été surpris puisqu'il en avait eu vent.

Mais les problèmes de «comportement» s'arrêtent là, a-t-il assuré. Il nie qu'il y ait eu une enquête de la part des autorités policières new-yorkaises à son sujet. «Je n'ai pas de problème de moeurs. Je trouve ça choquant. [...] J'avais mes "guidelines" comme individu et j'étais conscient de mes responsabilités», a affirmé M. Fortier dans un soupir.

Il n'a pas caché son malaise devant les rumeurs qui circulent sur la colline parlementaire. «Il n'y a aucun fondement», a-t-il tranché.

Officiellement, ce sont les changements proposés par M. Fortier qui ont forcé son rappel en catastrophe. Mais cela n'a rien à voir avec une quelconque divergence de vues quant à l'orientation à donner aux relations avec les États-Unis, a-t-il souligné. «Je veux rassurer le public: il n'y a pas de discontinuité. Je n'ai pas tenté de faire une révolution des valeurs. J'ai travaillé dans le meilleur intérêt de nos acquis et de notre proximité avec l'État de New York», a-t-il mentionné, alors qu'un sommet est prévu en mai prochain.

S'il y a eu des tensions, c'est surtout avec le sous-ministre Alain Cloutier, en poste seulement depuis octobre dernier, a soutenu M. Fortier, qui reconnaît la poigne de son ancien supérieur, qui lui a tenu tête. Avec le directeur administratif de la délégation, André Prince, l'ex-délégué avait préparé un plan de réorganisation en 19 points de la délégation. Les mesures n'ont jamais été présentées au personnel, ce qui explique les affirmations du directeur des communications de la délégation, Benoît Payeur, publiées hier par Le Devoir. Bien que l'élaboration du plan ait été confidentielle, des fuites auraient soulevé des inquiétudes, a fait valoir M. Fortier.

Les changements proposés auraient entraîné l'abolition de quatre ou cinq postes et réduit la masse salariale d'environ 200 000 $. M. Fortier souhaitait également que les balises financières établies par le ministère soient revues afin de tenir compte de la réalité new-yorkaise. Par exemple, l'ex-délégué suggérait que l'allocation de logement pour un conseiller qui s'installe à New York avec sa famille soit corrigée puisqu'il y a eu une hausse de 28 % des loyers depuis trois ans. Un appartement au centre-ville de la métropole américaine peut coûter jusqu'à 10 000 $ par mois.

«J'estimais qu'il y avait un dépoussiérage à faire et je l'ai mis sur papier. Je faisais valoir ma prérogative de l'appliquer alors que le ministère voulait l'évaluer», a expliqué M. Fortier, qui dit avoir fait preuve d'intransigeance. Or le plan de M. Fortier aurait eu des répercussions sur l'ensemble des délégations du Québec à travers le monde. L'ex-délégué a plaidé une certaine naïveté, croyant qu'il pouvait chambarder la structure en place.

Au sein de la délégation, on a mentionné au Devoir sous le couvert de l'anonymat qu'on s'était étonné de «la lourdeur de la massue utilisée» pour un prétendu plan de réorganisation administrative.

Bruno Fortier a affirmé ne pas avoir été en contact avec le premier ministre Jean Charest depuis le 8 janvier et que sa dernière conversation avec la ministre Gagnon-Tremblay remontait à octobre dernier. Du même souffle, il constate avoir été happé par la machine politico-médiatique bien malgré lui.


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Le lundi 07 avril 2008 10:00

heu euh - par henri gabrysz
Le vendredi 04 avril 2008 23:00

Triste fumisterie... dommage ! - par Billes Noires
Le vendredi 04 avril 2008 15:00

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Le harcèlement moral - par Charles Marsan (tvie@msn.com)
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Le vendredi 04 avril 2008 08:00

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Le vendredi 04 avril 2008 08:00

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Le vendredi 04 avril 2008 07:00

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