Le régime zimbabwéen est prêt à un second tour pour sauver Mugabe
Mots clés : Zimbabwe-Front patriotique, Robert Mugabe, Parti politique, Élection, Zimbabwe (pays)
Harare -- Le parti au pouvoir au Zimbabwe s'est déclaré prêt à mobiliser toute son énergie en cas de second tour à la présidentielle afin de sauver le chef de l'État Robert Mugabe, apparu publiquement hier pour la première fois depuis le scrutin du 29 mars.
Cinq jours après le scrutin, la Commission électorale n'avait toujours pas publié hier les résultats de la présidentielle, qui a opposé M. Mugabe notamment au chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, tandis que le résultat des sénatoriales, organisées simultanément, a été repoussé sine die.
La Commission avait annoncé mercredi que la Zanu-PF avait perdu sa majorité de 28 ans à la Chambre des députés au profit de l'opposition, qui détient désormais 109 des 210 sièges.
À Pretoria, le président sud-africain Thabo Mbeki a appelé les Zimbabwéens de tous bords à accepter le résultat des élections générales, lors de sa première réaction publique au scrutin.
Le porte-parole gouvernemental zimbabwéen a affirmé que la Zanu-PF allait s'investir à 100 % dans la campagne pour un second tour, pour assurer la victoire de M. Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ex-Rhodésie en 1980.
Depuis samedi, le chef de l'État s'est fait étonnamment discret pour un homme qui n'a pas l'habitude de s'effacer dans l'adversité. Il n'a même pas réagi mercredi quand, anticipant toute possibilité de manipulation électorale, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) a revendiqué la présidence pour M. Tsvangirai.
Le MDC a affirmé que son candidat avait remporté la présidentielle dès le premier tour avec 50,3 % des voix, contre 42,9 % à M. Mugabe. Le parti s'est toutefois dit prêt à se soumettre à un second tour si les résultats officiels différaient des siens.
Mugabe est brièvement apparu à la télévision d'État hier, souriant, au côté de l'ancien président sierra-léonais Ahmad Tejan Kabbah, chef de la mission des observateurs de l'Union africaine (UA). Sans se départir de son silence.

