Le verre avant le cristal

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Philippe Mollé
Édition du vendredi 04 avril 2008

Mots clés : Hôtel Le Crystal de la Montagne, La Coupole, Restauration, Hôtellerie, Montréal

La Coupole est davantage un bistro urbain chic qu'un restaurant à proprement parler. Par contre, le décor est plus près de celui d'un restaurant huppé que d'un bistro.

Et un de plus!, direz-vous. Montréal ne cesse d'agrandir son parc de restaurants de semaine en semaine, et les consommateurs peinent à s'y retrouver. Il faudra un jour se demander comment tous ces restaurants vont vivre et survivre dans cette jungle alimentaire.

L'hôtel Crystal, récemment inauguré, prône le luxe et se targue d'être un des plus beaux hôtels du Grand Montréal. Rien n'a été omis pour que l'oeil adopte l'emballage avant le contenu.

Mais certaines incohérences demeurent douteuses quand on parle ouvertement de grand luxe, notamment le fait d'offrir des bouteilles d'eau Fidji en contenants de plastique alors qu'on sait que l'eau Esker, de l'Abitibi, est une des meilleures au monde.

La Coupole est davantage un bistro urbain chic qu'un restaurant à proprement parler. Par contre, le décor est plus près de celui d'un restaurant huppé que d'un bistro. Une salle à deux étages, de belles banquettes et des tables bien nappées, un bar central et un décor moderne qui réchauffe l'atmosphère attirent le convive à l'affût de découvertes.

Marc est amateur de bonne chère mais il préfère généralement les petits bistros de quartier à l'ambiance des hôtels ou des grands restaurants, qu'il craint. Il y a peu de monde dans la salle du bas, où nous sommes confortablement installés.

La carte du midi présente une cuisine méditerranéenne et un pseudo-mélange de cuisine française et italienne à la mode de chez nous.

Pour 25 $, même si cela peut sembler cher aux yeux de Marc, il faut reconnaître que c'est très abordable pour des nappes de tissu, de beaux verres et une ambiance agréable, le tout avec un menu à quatre services. Un choix de cinq entrées, un granité d'ailleurs des plus ordinaires qui devrait être oublié, un plat principal parmi sept propositions et un dessert à choisir: il faut le faire.

Le crab cake est un plat qui tire ses origines de la Floride ou de la Louisiane, où on le sert en général assez relevé. C'est effectivement la chose principale qui manquait à ce plat, qui aurait gagné en goût avec plus d'épices. Servi avec une sauce aïoli légère au confit de citron et garni d'un petit mesclun, ce plat se compose de deux galettes compactes d'un mélange de pain et de crabe émietté aux oignons.

Comme ailleurs, le chef Michel Forgione force sur le thon, qu'on retrouve constamment en plat de poisson avec le saumon.

Autre question: pendant combien de temps va-t-on pouvoir servir, à cet endroit, des portions aussi généreuses d'agneau, de tartare de boeuf ou de jarret d'agneau? Comme l'a fait remarquer mon invité, ce sont des portions gigantesques qu'on peine à terminer.

La maison joue beaucoup sur les importations privées de vins, notamment d'Australie, qui témoignent de la grande qualité des vignobles australiens même si, à ce jour, la majorité de ces vins sont servis dans des bouteilles à bouchon vissable. Des pinots noirs, des chardonnays et même des mousseux, qualifiés à tort de champagnes, sont proposés ici.

Alors que Marc avait opté pour la généreuse portion de côtes d'agneau au couscous, fruits secs et pistaches, j'ai suivi ma première idée d'essayer le tartare, haché au couteau par nul autre que le maître d'hôtel.

Bien que l'agneau ne provienne pas du Québec, la viande était tendre, goûteuse et joliment présentée avec son couscous aux fruits secs. Garni de frites accompagnées de mayonnaise, le tartare était fort bon, bien assaisonné et relevé au piment fort (un dosage d'épices demandé au préalable par le serveur). Pour les frites, on repassera, car rien pour l'instant n'égale celles qu'on sert chez Leméac, sur la rue Laurier.

Les serveurs commettent les mêmes impairs que partout. Ici aussi, la maladie de la poivrite a frappé, et on y a droit à tous les plats. Cela peut devenir lourd, surtout si deux serveurs font sans cesse la même gymnastique. Un plat bien assaisonné en cuisine n'a pas besoin de l'être dans la salle à manger.

Toutefois, ce restaurant est tout nouveau, et quelques fautes d'apprentissage, tant au chapitre du service qu'à la cuisine, sont facilement pardonnables.

On propose une belle carte de vins à la bouteille ou encore au verre à partir de 10 $.

Dans le menu à 25 $, on offre en dessert une tartelette aux fruits des champs, un pot de crème, une crème brûlée ou une verrine d'ananas confit à la crème de coco, très parfumée et des plus intéressantes.

Bref, sans être vraiment renversant, La Coupole propose à prix fixe, tant le midi que le soir, un menu à 40 $, un menu avant et après spectacle à 35 $ mais surtout un super brunch urbain à 35 $ de très grande qualité, un fait à noter, les bons brunchs à Montréal étant devenus rares et souvent dénués d'intérêt.

***

- Prix payé pour deux personnes le midi avec deux verres de pinot noir, taxes et service non compris: 70 $.

- Plus: des assiettes copieuses et un cadre calme et agréable au centre-ville.

- Moins: l'absence de petits plats ou de sandwichs le midi et le fait qu'on ne propose pas d'eau québécoise.

***

La Coupole

Hôtel Le Crystal de la Montagne, 1100, rue de la Montagne, Montréal, 514 861-5550


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