« Si votre père est visible et votre mère ne l'est pas, êtes-vous visible ? », demande pertinemment Rima Elkouri, dans sa chronique d'aujourd'hui. Il pourrait s'avérer sensé de «cataloguer» les personnes en catégories spécifiques, telles noires ou blanches, si celles-ci existaient vraiment à l'«état pur». Or, elles existent de moins en moins chez nous. En raison du métissage. L'assignation d'UNE appartenance de «race» ou de couleur, plutôt qu'une autre, s'avère donc alors en ces cas non seulement arbitraire, mais injuste. Car elle nie l'intégrité, la totalité, la multiplicité, la complexité, la diversité, L'IDENTITÉ, bref, en un mot, de la personne en cause. Mme Elkouri a donc doublement raison de récuser la récurrence d'utilisation d'un concept («race») qui, en plus de ne plus avoir de légitimité scientifiquement, s'inscrirait moins bien encore en notre espace socio-québécois ou montréalais. Il n'y a plus de race, mais du racisme, si. Enfin, cela ne signifie pas que toute dénomination à consonance ou à connotation raciales ou racistes doive être réprouvée tout de go, complètement, partout, pour tous, en tout temps. Car il s'en trouve appréciant être nègre et désigné tel, par exemple, tel Normand Brathwaite. En pareil cas, on acquiesce. Simple !