Congédiement du délégué général à New York
Mots clés : Monique Gagnon-Tremblay, Bruno Fortier, Gouvernement, États-Unis (pays), Québec (province)
Les explications de Gagnon-Tremblay contredites
Aucun projet de réorganisation administrative ni même le développement d'une vision divergente de celle prévue par le gouvernement du Québec sur le plan des relations internationales n'était en préparation à la délégation générale du Québec à New York.«J'ai appris ça dans les médias. Il n'y a eu aucun changement de personnel ici depuis l'arrivée en poste de M. Fortier. Est-ce qu'il en prévoyait? C'est à lui qu'il faut poser la question. [...] En tout cas, il n'y a jamais eu de projet concret présenté au personnel de la délégation», a assuré M. Payeur.
Quant à l'orientation que M. Fortier voulait supposément donner aux affaires que le Québec mène à New York, rien ne laisse voir, selon M. Payeur, un quelconque hiatus avec la nouvelle politique internationale du Québec présentée en 2006 par la ministre Gagnon-Tremblay et intitulée «La force de l'action concertée».
«Toutes les présentations de M. Fortier faisaient écho aux fêtes du 400e de Québec et aux autres priorités de la politique, dont l'extension du réseau des délégations québécoises aux États-Unis. C'est un peu comme un conférencier de chambre de commerce ou un ministre, on répète souvent la même chose», a expliqué M. Payeur.
Le travail de M. Fortier consistait à multiplier les rencontres en petits groupes. Il n'avait pas à s'adresser à de larges auditoires. Il a toutefois été conférencier en octobre dernier lors de la rencontre annuelle des «chefs de poste», qui s'est déroulée en Montérégie. «C'était un discours à saveur économique et il n'y avait pas de motif pour des visions différentes», a indiqué le directeur des communications.
Ces explications ne cadrent pas avec les réponses données par la ministre Gagnon-Tremblay devant l'Assemblée nationale depuis deux jours. Elle est demeurée évasive sur les raisons pour lesquelles Bruno Fortier a été mis à la porte alors qu'il était en fonction depuis seulement neuf mois. «L'ancien délégué a voulu faire des changements qu'il a envisagés dans la délégation qui n'étaient pas autorisés par le ministère», a-t-elle répété.
Mitraillée de questions par l'opposition officielle, la ministre des Relations internationales a expliqué qu'il s'agissait d'un problème administratif datant de novembre dernier. «L'ancien délégué propose sa vision des choses, qui n'est pas nécessairement en accord avec le ministère. On le suit, on discute avec lui. On n'arrive pas à mobiliser le personnel. Et il y a des discussions», a expliqué Mme Gagnon-Tremblay. Elle a ajouté que, malgré une rencontre en tête à tête avec M. Fortier au Québec en mars, les parties ont été incapables «d'en arriver à une vision claire».
Mais pour le leader de l'opposition, le député adéquiste Sébastien Proulx, tout cela cache la vérité et sert de prétexte pour protéger un ami de plus de trente ans du premier ministre Jean Charest. «La question toute simple qu'il faut se poser maintenant est "Qu'est-ce qui compte le plus quand on est ministre des Relations internationales, la réputation du Québec à l'étranger ou les intérêts des amis du premier ministre?"», a lancé M. Proulx.
L'Action démocratique du Québec prétend qu'au moins deux rapports ont été faits sur le comportement de M. Fortier. L'un d'eux a été signé par le directeur des services ministériels, Michel Chevrier, au sous-ministre Alain Cloutier. Le directeur administratif de la délégation, André Prince, aurait également fait un rapport.
De plus, l'ADQ soutient que le gouvernement a envoyé quelqu'un à New York pour enquêter sur les agissements de l'ex-délégué général. Monique Gagnon-Tremblay n'a pas démenti l'information. Tout au plus a-t-elle reconnu que Bruno Fortier a été invité à s'expliquer à plusieurs reprises.
«Si on envoie des enquêteurs, s'ils sont sous-ministres, si des gens de son ministère lui disent que le gars, il ne fait pas le travail là-bas, puis que c'est un ami du premier ministre, tu ne le renvoies pas manu militari comme ça, en lui disant: tu ne pourras même pas retourner à New York. Il n'y a personne qui croit ça au Québec, Mme la ministre», a laissé tomber le député Proulx.
Démis de ses fonctions, M. Fortier empochera une indemnité de départ équivalant à quatre mois de salaire, soit 39 000 $. Le conseil des ministres a immédiatement nommé le fonctionnaire Robert Keating en remplacement de Bruno Fortier. M. Keating a une longue feuille de route en relations internationales.
Vos réactions
Offense au féminisme d'État? - par Pierre-Yves Pau
Le lundi 28 avril 2008 23:00
@Lorraine Dubé - par Raymonde Chouinard
Le vendredi 04 avril 2008 13:00
@ Roger Dion - par Lorraine Dubé
Le jeudi 03 avril 2008 14:00
Un chum du PM - par Michel HAins
Le jeudi 03 avril 2008 13:00
Oui une drôle d odeur se dégage de cette affaire - par Roger Dion
Le jeudi 03 avril 2008 11:00
Odeur nauséabonde - par claire dufour (clairedufour5@sympatico.ca)
Le jeudi 03 avril 2008 09:00

