Kyoto: l'opposition s'unit pour accentuer la pression

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La Presse canadienne
Édition du jeudi 03 avril 2008

Mots clés : Kyoto, GES, Gouvernement, Pollution, Canada (Pays)

Ottawa -- Les chefs des partis d'opposition aux Communes ont été parmi les premiers Canadiens hier à signer une pétition qui presse le gouvernement conservateur de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) d'au moins 25 % d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990.

Comme on pouvait s'y attendre, le premier ministre Stephen Harper et le ministre de l'Environnement, John Baird, ont refusé d'appuyer cette initiative.

Lors d'une conférence tenue conjointement avec ses homologues du Bloc québécois et du Nouveau Parti démocratique, le chef de l'opposition officielle, le libéral Stéphane Dion, a une fois de plus accusé les conservateurs d'être des «saboteurs» du traité de Kyoto sur la réduction des GES.

Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, a pour sa part suggéré que les trois partis d'opposition fassent signer la pétition par l'ensemble de leurs députés. Comme ils sont majoritaires à la Chambre des communes, ils pourraient ainsi «faire savoir» avec force aux autres pays que la majorité des Canadiens appuie les cibles de Kyoto, a souligné M. Duceppe.

Une nouvelle ronde de discussions sur l'accord international qui succédera à celui de Kyoto s'est ouverte lundi à Bangkok, en Thaïlande. L'opposition craint que les émissaires du gouvernement Harper profitent de l'occasion pour faire pression afin de réduire les futurs objectifs de réduction de GES.

La pétition que les chefs de l'opposition ont signée, intitulée Kyoto Plus, est une initiative du Réseau Action Climat Canada, dont font notamment partie Greenpeace et Équiterre. On espère recueillir un million de signatures et déposer la pétition à la quinzième réunion des Nations unies sur les changements climatiques, qui aura lieu à Copenhague, au Danemark, en décembre 2009.

Dans une lettre envoyée au directeur du Réseau Action Climat, Graham Saul, le ministre Baird assure que le gouvernement considère les changements climatiques comme une des plus graves menaces auxquelles le monde fait face à l'heure actuelle. M. Baird soutient que la cible établie par Ottawa -- une réduction absolue de 20 % d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 2006 -- est «stricte» et aura un impact sur l'économie et sur le prix de l'énergie. Il en profite pour accuser les libéraux d'avoir laissé les émissions de GES dépasser de 35 % les objectifs de Kyoto alors qu'ils étaient au pouvoir.


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