Le FMI va «réviser à la baisse» ses estimations de croissance pour les États-Unis

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AFP
Édition du jeudi 03 avril 2008

Mots clés : croissance, FMI, Économie, Organisme international, États-Unis (pays)

Paris -- Le FMI va «réviser à la baisse» ses estimations de croissance publiées en janvier pour les États-Unis, en raison de la crise financière, indique son directeur général Dominique Strauss-Kahn dans une entrevue diffusée par le site Internet du Figaro hier.

Il évoque aussi un sauvetage «national» des banques touchées par la crise, afin de «débloquer un système aujourd'hui totalement gelé».

«Les prévisions que nous allons publier dans quelques jours ne sont pas très bonnes. Nous allons réviser à la baisse nos estimations de janvier», dit M. Strauss-Kahn à propos des États-Unis.

Estimant que «pour le moment, la consommation se tient à peu près», il juge que «si la crise venait à atteindre le crédit à la consommation, les conséquences sur l'activité seraient considérables».

En janvier, le FMI tablait sur une hausse du PIB américain de 1,5 % en 2008, et de 4,1 % du PIB mondial. Mardi, une source du gouvernement allemand avait indiqué que la prévision de croissance du FMI pour les États-Unis avait été revue en baisse à 0,5 %. Selon le Financial Times Deutschland hier, le Fonds a aussi abaissé sa prévision de croissance de l'économie mondiale cette année à 3,7 %. Dans son édition d'aujourd'hui, le quotidien Les Échos cite les mêmes chiffres du FMI. Il indique que la croissance serait limitée à 1,3 % pour la zone euro. Toujours selon le FMI, celle des États-Unis serait de 0,6 % en 2009.

Hier, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke, a pour la première fois clairement évoqué la possibilité d'une récession aux États-Unis.

M. Strauss-Kahn déclare aussi que les prévisions du FMI «vont incorporer un recul des perspectives de croissance des pays émergents». «Notamment pour la Chine et l'Inde, dont les taux de croissance restent très élevés, mais qui seront néanmoins affectés par la crise.»

«Dans la zone euro, la situation n'est pas aussi tendue qu'aux États-Unis. Mais la transmission de la crise financière au secteur réel commence à être sensible», ajoute-t-il. «Je ne crois pas à la thèse du découplage. Personne n'est immunisé. Je parle plutôt de décalage dans le temps», dit-il.

Les banques

Interrogé sur un sauvetage national des banques ou des emprunteurs aux États-Unis, il déclare: «On y réfléchit ici au FMI comme ailleurs.» «D'une manière ou d'une autre, il faudrait bien permettre aux banques de repartir de l'avant pour débloquer un système aujourd'hui totalement gelé», ajoute-t-il dans une allusion au marché interbancaire.

Hier, M. Bernanke a aussi justifié le sauvetage de la banque Bear Stearns par les risques de dégâts «graves» sur l'ensemble de l'économie.

Pour M. Strauss-Kahn, «il n'y a pas de raison d'exonérer les actionnaires des banques. Il faut que ceux qui sont à l'origine de la crise en supportent une part du coût».

Mais «il y a un moment où les risques pour l'ensemble de l'économie sont tels qu'il faut prendre des mesures», affirme-t-il. Il souligne qu'il y «a des précédents», en évoquant le «sauvetage du Crédit Lyonnais», en France, où l'on «avait séparé les bons actifs bancaires des mauvais».

Pour autant, il estime qu'appliquer cette méthode «à l'échelle d'un pays est beaucoup plus difficile». «Et l'appliquer à l'ensemble de la planète serait encore plus compliqué.»

À propos des monnaies, M. Strauss-Kahn rappelle que le «système est globalement très déséquilibré». «Pour corriger ces déséquilibres, le besoin de consultations multilatérales est grand», dit-il en soulignant que les réunions de printemps du FMI début avril à Washington «y seront en partie consacrées».


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