Modeste bénéfice pour la SGF
Mots clés : bénéfices, SGF, Investissement, Économie, Québec (province)

Photo: Jacques Nadeau
«On est très contents de nos résultats», a déclaré lors d'un entretien téléphonique au Devoir le président-directeur général de la société d'État, Pierre Shedleur. «Il faut se rappeler que, contrairement aux fonds fiscalisés, comme la Caisse de dépôt qui a fait 5,6 % de rendement en 2007, 100 % de nos investissements sont en développement économique, dont 80 % dans l'industrie manufacturière. On est donc très à risque lorsque survient, comme l'année dernière, une forte hausse du dollar canadien, un ralentissement chez notre principal partenaire économique américain ainsi qu'une augmentation des prix du pétrole.»
Cette hausse du prix de l'or noir a fait particulièrement mal puisque le pétrole est la matière première de l'industrie pétrochimique et que ce secteur compte pour 35 % du portefeuille de la SGF. Dans ce seul domaine, la société d'État a essuyé des pertes d'exploitation de 45 millions qui ne comprennent pas les radiations auxquelles il a aussi fallu procéder, comme celle de 35 millions pour les deux usines de Pétromont, dont les activités doivent être arrêtées à la fin du mois.
Le secteur forestier a lui aussi accusé des pertes évaluées à 19 millions. Le secteur des mines et des matériaux s'en est beaucoup mieux tiré l'année dernière, avec des gains de 47 millions. Les placements détenus dans le secteur agroalimentaire ont gagné pour leur part 15 millions. La SGF a cependant également dû procéder à une dévaluation de 15 % des 132 millions qu'elle avait le malheur de détenir en PCAA, ce qui équivaut à une perte de près de 20 millions.
Au total, la SGF a investi le même montant en 2007 qu'en 2006, soit 233 millions. On évalue que cette somme a permis la réalisation de projets totalisant 870 millions de dollars et mené à la création de 9580 emplois directs et indirects.
Une autre année difficile
«L'année 2008 sera encore difficile, a prévenu hier Pierre Shedleur. Notre objectif sera d'essayer d'être encore rentables. On ne s'attend pas, de toute manière, à avoir des rendements de 15 % et 20 % avec notre mandat. On peut très bien vivre avec du 3 % et du 7 %.»
Rien n'indique, en effet, que le contexte économique global sera tellement différent dans les prochains mois. La situation pour le secteur pétrochimique continuera notamment d'être «extrêmement difficile», pense-t-il. «Il ne faut pas se le cacher, c'est une industrie extrêmement cyclique, qui n'est pas extrêmement profitable et où la concurrence étrangère est extrêmement forte, a-t-il expliqué. Mais nous ne sommes pas prêts à jeter l'éponge. On pense que Pétromont est un cas à part. On travaille avec nos partenaires à un plan de correction pour essayer de sauver ces emplois et ces entreprises.»
Les perspectives lui apparaissent meilleures dans le secteur forestier. Les nombreux efforts accomplis ces dernières années devraient finir par donner des résultats, du moins à moyen et à long terme. L'enjeu est important pour le Québec, a rappelé Pierre Shedleur. Il est question de 75 000 à 80 000 emplois concentrés en région.
Prendre ses distances du secteur manufacturier
La SGF n'exclut pas non plus la possibilité de réduire peu à peu l'importance relative du secteur manufacturier dans l'ensemble de ses placements. «On ne peut pas sortir de ce secteur d'un coup et notre rôle est quand même aussi d'aider des secteurs qui ont du mal à se trouver du financement afin de maintenir et de créer des emplois, a d'abord rappelé son p.-d.g. Mais ce rééquilibrage est déjà en train de se faire. Le secteur manufacturier a déjà représenté 100 % de notre portefeuille et il est maintenant à 80 %. Je crois que l'économie va nous amener elle-même à changer graduellement.»
Après tout, la SGF vient tout juste d'investir 60 millions dans l'acquisition de la compagnie pharmaceutique Axcan Pharma et 10 millions dans la compagnie de développement informatique Logibec. Elle s'est surtout engagée dans une série d'investissements qui devraient totaliser entre 250 millions et 300 millions en deux ans dans l'industrie cinématographique, dont 100 millions seulement dans la prise de contrôle d'Alliance Films, le plus important distributeur indépendant de films au Canada.
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Perspectives du secteur forestier - par Guy Gilbert
Le vendredi 04 avril 2008 05:00

