Loto-Québec dissout la Société des salons de jeux
Mots clés : Attractions hippiques, Société des salons de jeux, Loto-Québec, Jeu de hasard, Québec (province)
Loto-Québec vient de dissoudre sa filiale responsable de la gestion des salons de jeux appelés Ludoplex, un concept qui ne satisfait pas jusqu'à maintenant aux prévisions financières de la société d'État. Du coup, le dirigeant de la filiale, Simon Brodeur, pourrait être appelé à «relever de nouveaux défis».
Les salons de jeux de Québec et de Trois-Rivières ont un achalandage deux fois mois élevé que prévu depuis leur ouverture l'automne dernier. La situation a provoqué une réaction en chaîne d'abord dans les hippodromes adjacents, qui ont été privatisés avec la promesse de la rentabilité des salons de jeux.
Ainsi, le nouveau propriétaire des hippodromes, l'entreprise Attractions hippiques, empoche 22 % des revenus générés par les appareils de loterie vidéo concentrés dans les salons de jeux. Une partie de ces sommes (60 %) doit soutenir l'industrie des courses de chevaux.
Mais devant les ratés des Ludoplex, Attractions hippiques a décidé il y a quelques semaines de réduire les programmes de courses et les bourses aux hommes de chevaux. Ces derniers sont inquiets et réclament une intervention dans un dossier duquel le gouvernement souhaitait prendre ses distances.
De son côté, Attractions hippiques veut un nouveau plan de relance qui passerait par une révision de fond en comble de l'offre de jeux des Ludoplex. Loto-Québec dit analyser le modèle d'affaires de ses salons de jeux.
S'ajoute au portrait général la difficulté pour Attractions hippiques de trouver un terrain dans la couronne nord pour relocaliser l'hippodrome de Montréal. Or c'est ce projet qui est le pivot central de la relance de l'industrie hippique au Québec. Le dossier tarde à voir le jour.
De façon concomitante, Loto-Québec a demandé à être entendue en commission parlementaire afin de faire valoir sa vision d'avenir de la société d'État «dans un contexte où on dénote une certaine rupture à l'égard du consensus social qui a favorisé le développement de Loto-Québec depuis bientôt 38 ans».
Malgré ce contexte de turbulence, Loto-Québec soutenait hier qu'il n'y avait aucun lien avec la réorganisation dite administrative. «Il apparaissait qu'après quelques mois de rodage et du fait que les équipes des Ludoplex assurent bien le roulement des opérations, il était plus naturel qu'ils soient maintenant sous la responsabilité de la Société des loteries vidéo. C'est d'autant plus logique que les Ludoplex regroupent des appareils de loterie vidéo», a expliqué au Devoir la porte-parole Marie-Claude Rivet.
Créée à l'été 2005, la Société des salons de jeux du Québec relevait de Simon Brodeur, vice-président aux nouvelles initiatives stratégiques à Loto-Québec. Les salons de jeux passent maintenant entre les mains du vice-président à la direction commerciale, Jean Royer. M. Brodeur conserve ses fonctions de vice-président «pour l'instant», mais «il pourrait être appelé à relever de nouveaux défis», a précisé Mme Rivet.
En 2006, Simon Brodeur avait été pointé par le vérificateur général qui avait examiné le processus d'appel d'offres qui a permis à Attractions hippiques de mettre la main sur les quatre hippodromes du Québec. Il notait dans son rapport des «manquements allant à l'encontre des principes de transparence et d'indépendance».
M. Brodeur était membre du comité chargé d'analyser les propositions soumises par le privé. Or M. Brodeur est un ami personnel du sénateur Paul J. Massicotte, qui dirige Attractions hippiques.
Un mois après que le gouvernement eut annoncé qu'Attractions avait remporté la mise, MM. Brodeur et Massicotte se rendaient ensemble à Paris pour assister au Grand Prix d'Amérique, une course annuelle très importante en France. Simon Brodeur a été invité par l'organisme le Cheval français, qui régit les courses de chevaux. Comme Loto-Québec l'avait expliqué par la suite, M. Brodeur était allé «constater les meilleures pratiques dans l'industrie» et «évaluer le potentiel» de ce qui pourrait inspirer le projet d'hippodrome dans la couronne nord de Montréal.
La proposition de dissolution de la Société des salons de jeux émane du conseil de direction et a été adoptée par le conseil d'administration.
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