Il n'y aura plus désormais qu'un seul prix littéraire France-Québec

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La Presse canadienne
Édition du mardi 01 avril 2008

Mots clés : prix littéraire, Livre, Culture, Québec (province), France (pays)

Paris -- Comme le souhaitait depuis des années une large partie du milieu de l'édition, le Québec ne soutiendra plus désormais en France qu'un seul prix littéraire.

Prise par la Délégation générale du Québec à Paris et confirmée de sources sûres, cette décision marque la fin d'une longue saga, qui devrait se conclure par la disparition du prix historique créé dans les années 60 par l'Association des écrivains de la langue française (ADELF). C'est un autre prix, lancé il y a dix ans exactement par l'Association France-Québec, qui survivra.

Depuis trois ans, les deux prix s'étaient réunis sous une même enseigne, c'est-à-dire un seul prix France-Québec disposant de deux sections: un prix du jury (décerné par l'ADELF) et un prix des lecteurs (de l'Association France-Québec). Cette formule a apparemment vécu.

«L'ADELF est une vieille dame que l'on ne pouvait pas entretenir indéfiniment», résume un écrivain québécois bien au fait du dossier.

Au départ de cette longue histoire, il y avait le prix France-Québec/Jean Hamelin, accordé depuis 1965 à des romanciers comme Marie-Claire Blais, Yves Beauchemin, Michel Tremblay ou Guillaume Vigneault. En 1998, l'Association France-Québec, un réseau d'amitié franco-québécoise, décidait de créer sa propre récompense, le prix France-Québec/Philippe-Rossillon, décernée non pas par un jury, mais par ses propres membres, appelés à choisir un titre parmi une liste de romans dressée par un comité de sélection.

Ensuite, d'autres prix ont vu le jour: le prix Anne-Hébert, du Centre culturel canadien, solidement installé dans le paysage désormais, un prix Québec-France (remis à deux reprises au moins à un écrivain français) et même un prix de la bande dessinée lancé par l'Office franco-québécois pour la jeunesse.

Pour ajouter à la confusion

Ajoutons pour faire bonne mesure -- et pour ajouter à la confusion -- que l'Association France-Canada a offert pendant 40 ans (de 1958 à 1997) sa propre récompense, rebaptisée en 1982 prix Québec-Paris. Une chatte n'y aurait pas retrouvé ses petits. Lors du Salon du livre de Paris de 2005, une demi-douzaine de récompenses franco-québécoises avaient été distribuées en une seule fin de semaine.

«Tout ça est passablement ridicule et n'a aucun impact sur les ventes», avait alors lancé un écrivain québécois renommé.

Les deux organisations rivales, l'ADELF et l'Association France-Québec, avaient fini par s'en rendre compte. Mettant fin à cette «situation absurde», elles avaient convenu dans les mois suivants de réunir leurs prix sous un «label» commun, tout en conservant leur autonomie. La formule a tenu trois ans. En marge du dernier Salon du livre à la mi-mars, le prix France-Québec a été remis à Myriam Beaudoin (prix des lecteurs) et Hélène Rioux (prix du jury) pour leurs romans Hadassa et Mercredi soir au Bout du monde, respectivement édités chez Leméac et XYZ.

L'année prochaine, à moins d'un nouveau changement de cap, il ne devrait donc y avoir qu'un seul lauréat, choisi par les membres de France-Québec, qui organisera comme d'habitude pour l'heureux élu une tournée des sections régionales de l'association. Ça ne fait pas vendre des milliers de livres, mais les rencontres avec les lecteurs sont très enrichissantes,

répète-t-on.

L'ADELF n'a pas baissé les bras pour autant. Elle chercherait de nouvelles sources de financement pour relancer son propre prix, murmure-t-on.


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