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Droit au but.
Ce fut et c'est demeuré une activité de gros bras et de grandes gueules, de gros mâles en rut et qui, plus souvent qu'autrement, mise sur l'érection de leurs majeurs.
Pour en venir au fait, la seule et unique raison pour laquelle Bobby Nadeau n'a pas porté plainte pour agression, vient d'une peur qui lui tordent les boyaux, cette peur viscérale qui crampe la raison et paralyse la volonté, cette peur de passer pour un freluquet, un gringalet, une demi-portion, un faiblard, une fifille, une tapette sans couilles qui en payera que trop chèrement le prix, au point d'être pointé du doigt, d'être marginalisé et d'en être marqué à vie.
C'est très exactement en raison de cette violence psychologique dont les hockeyeurs sniffent l'oxygène, dans les cagibis bétonnés des arénas, que rien d'autre que des suspensions bonbons, n'a résulté de ce hockey de calvaire du samedi saint dernier.
C'est donc l'agresseur, gardien auxiliaire qu'aucune équipe de la LHJMQ n'a repêché, sauf son paternel proprio, directeur gérant et entraîneur des Remparts de Québec, qui s'en sort avec les honneurs des vrais mâles, stimulé par les adrénalines de sa virilité machiste génétique et qui est devenu la grosse cerise sur ce «Sunday de Peanut».
Il faut avoir frayé dans cet univers; il faut avoir entendu le langage codé des dirigeants des équipes juniors, toutes catégories; il faut entendre les gradués divas, souvent sans emploi, de ces écoles où le complexe de supériorité 101 et l'enflure cérébrale 201 constituent le fondement de la formation, pour déduire très honnêtement que Bobby Nadeau et le paternel de ce mineur finiront possiblement par réaliser, au terme d'une enquête policière qui risque de déposer des accusations pour agression, que leurs refus de porter plainte et de poursuivre l'agresseur fou des Remparts, constituent la plaque tournante de la violence gratuite et que leurs peurs constituent un accord et un support tacites à ladite violence devenue orgiaque et criminelle, à l'image des violences qu'ont pratiquées les goons de la LNH, les Chris Nilan, Randy Muller, John Kordic, Bob Probert, Marty McSorley, les cerbères Billy Smith et Ron Hextall et tant d'autres des icônes de la théâtralité boumasse sur glace.
Nous faisons face à une violence structurelle qui sévit chez les gangs d'arénas comme chez les gangs de rues. Et, il faudra réapprendre à appeler les choses par leurs noms.
Gerry Pagé
Ville de Québec
