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L'OMERTA des fantômes du Fonctionnarisme.

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Gerry Pagé
Envoyé Le lundi 31 mars 2008 11:00



Tant qu'une réforme professionnelle ou sociale ou de quelque autre nature fera partie du programme électoral d'un parti politique, on assistera à des échecs aussi lamentables que scandaleusement coûteux que sont les échecs des réformites qui ont sorti de leurs rails la Santé et l'Éducation, pour ne citer que ces deux grands domaines. Quand un parti politique réformateur, tel le PQ, se ramasse en troisième position et en deuxième opposition, ça fait réfléchir et ça porte à interroger les chambardements sociaux dont ils s'enivraient et les dérapes aux lourdes conséquences qui s'en sont suivies. À l'instar de l'article 1 du programme du PQ qui devait se réaliser, coûte que coûte, la réforme de l'éducation sous Marois et Legault devait absolument s'enclencher et se faire, parce qu'elle était au programme et à l'intérieur des créneaux d'un premier mandat, personne n'étant certain d'un deuxième. La souveraineté référendaire comme la réforme scolaire n'ont-elles pas connu le même sort? La réforme scolaire devait également se bousculer, en raison de la durée restreinte d'un mandat politique qui, en principe, ne peut rien inclure de quinquennal. De plus, quand on pense aux compétences transversales, aux habiletés collatérales et aux connaissances fondamentales des élus qui en ont eu la charge, c'est singulièrement inquiétant.

Par ailleurs et quand on scrute, de l'interne, tous les éléments de la réforme scolaire, on ne peut lancer la pierre qu'aux élus. La fonction publique, en général, et spécialement certaines boites ministérielles, comme celles des réseaux de la Santé et de l'Éducation, sont truffées de «peutes», de «logues» et de «robots pluriels» (les sous-ministres compris), qui constituent les poids lourds de la permanence. À ce titre et forts de leur permanence et de leurs connaissances acquises vestibules et des sous terrains du milieu, les Templiers de la Fonction publique influent sur tous les trajets de l'évolution systématisée du Québec et, par voie de conséquences, des Québécois. Ils sont les auteurs du plus grand nombre de réformes avortées ou de tentatives de révolutions ponctuelles vouées à l'échec qui ont été portées à la table d'un ministre qui n'ose surtout pas aller à l'encontre de la culture d'un ministère qu'il ne connaît pas ou que très superficiellement et qu'il n'aura pas le temps de connaître, en raison des changements TGV qui s'opèrent parmi les aiguilleurs de la Gare centrale dite Conseil des Ministres. À l'extrême opposé, quand un Titulaire décide d'y faire carrière et d'y chercher des médailles, la Une des journaux, les podiums médiatiques, les photos et caricatures du jour ainsi que les «paternités» et autres titres ronflants dont la collection lui permettra de parer les murs de son histoire et les pages de son autobiographie, les résultats (MSSS, par exemple) sont pires que dans les nombreux cas illustrant «l'itinérance ministérielle» ou l'activation de la tuyauterie des vases communicants. De plus, quant on pense que le facteur prédominant de la sélection des gradués au Conseil des Ministres de Jean Charest, fut l'égalité des sexe (9 contre 9), c'est d'autant plus inquiétant.

La population toute entière, principalement les élèves, les parents et les éducateurs ciblés, des niveaux primaire et secondaire, subira les coups et contrecoups des tiraillements et des virages en rond qu'ont signés les ministres de l'Éducation des 5 dernières années, entre autres, (Reid, Fournier et Courchesne), tant et aussi longtemps que la population ne connaîtra pas, par leur prénoms, noms et titres, ceux et celles des influents auteurs et instigateurs du pouvoir central (MÉQ), du pouvoir des bureaux régionaux et des succursales locales. Publiez aussi les prénoms et noms de certains commanditaires, promoteurs et vendeurs de matériels scolaires qui formalisent et soutiennent les nouvelles tendances. Publiez aussi les prénoms et noms de tous ces intrus et malotrus lobbyistes, instigateurs de bien des réformites qui entravent et font échec aux réformes suggérées et souhaitées par les intéressés, réformes qui s'inscrivent dans la continuité et qui sont porteuses d'avenir. Par ailleurs, il faut prendre en compte que tant et aussi longtemps que les Universités n'en feront qu'à leurs quatre volontés et que les Collèges n'en feront qu'à leurs têtes, à quoi bon serviront tous ces investissements qui visent le remodelage des escaliers et le réaménagement des marches qui mènent à de tels vestibules de plus en plus sélectifs et inaccessibles, sauf, bien évidemment, quand il s'agit de gonfler les admissions dont les quantités sont les déclencheurs et les garanties de subventions et d'allocations, d'attributions et autres libéralités.

Avant de perdre un temps fou à questionner les effets du bulletin chiffré qui a l'allure d'un cataplasme sur une grosse verrue, il faudra questionner les instruments de mesure des connaissances, les moyens de pondération des compétences ainsi que les mécanismes de la modération des échecs par lesquels on modifie les échelles de passage et justifie les accommodements relatifs à la promotion des élèves qui finiront par s'échouer aux portes entrouvertes des Collèges et des Universités. Quand on est rendu à ces niveaux supérieurs, ce n'est déjà plus le problème de «l'enseignement inférieur».

Bref, les prénoms, noms et titres des auteurs et auteures de ce que le jargon ministériel surnomme «la réforme scolaire». Qu'on les amène devant les élèves, les parents et les pédagogues, éducateurs et formateurs ciblés. Qu'on les amène devant les citoyens payeurs des taxes qui défraient ces orgies d'incurie, à coups de milliards et dont le droit de parole est limité au moment du jour venu de la parade aux urnes.

Gerry Pagé
Ville de Québec

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