Trois marins décédés et un disparu - Le remorquage fatal de L'Acadien II mystifie les chasseurs de phoques

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La Presse canadienne
Édition du lundi 31 mars 2008

Mots clés : chasseurs de phoques, L'Acadien II, Décès, Québec (province), Canada (Pays)

Le brise-glace Sir William Alexander est revenu hier au port de Sydney, en Nouvelle-Écosse, où l'équipage devait répondre aux questions du Bureau canadien d'enquête sur les accidents de transport concernant le naufrage samedi de L'Acadien II, coulé pendant son remorquage.

Photo: Agence Reuters

Îles de la Madeleine -- Des chasseurs de phoques et des pêcheurs disent ne pas comprendre comment un remorquage de routine a tourné à la tragédie, coûtant la vie à au moins trois de leurs camarades.

Des enquêteurs fédéraux de Sydney, en Nouvelle-Écosse, ont interrogé les membres de l'équipage du bateau hier, à bord du brise-glace de la Garde côtière canadienne qui remorquait L'Acadien II quand celui-ci a chaviré.

Rencontrés sur les quais, des chasseurs de phoques des îles de la Madeleine, d'où provenaient les trois victimes et un quatrième marin porté disparu, ont leurs propres questions. «La Garde côtière fait habituellement du travail exceptionnel, il doit y avoir eu une erreur humaine quelque part», a déclaré Claude Deraspe, le capitaine du Santa Christina, revenu de la zone de chasse tard, samedi soir.

Selon des témoins, le navire de la Garde côtière allait trop vite et personne à bord n'a vu que le chalutier remorqué avait embouti une énorme plaque de glace et s'était renversé, tôt samedi, à environ 70 kilomètres au large du Cap-Breton.

Des six membres d'équipage à bord de L'Acadien II, deux ont été retirés vivants des eaux glaciales par des chasseurs de phoques qui les suivaient dans un troisième bateau. Les trois hommes décédés sont Bruno Bourque, Gilles Leblanc et Marc-André Deraspe. La Garde côtière a mis fin aux recherches du disparu, Carl Aucoin, samedi soir, en disant que tout espoir qu'il ait survécu était pratiquement réduit à néant.

Cependant, l'abandon des recherches a été vivement dénoncé par le député de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Raynald Blais, du Bloc québécois. Cela «démontre la complète insensibilité de la Garde côtière envers les proches de Carl Aucoin et des trois marins décédés», a-t-il affirmé, ajoutant que les proches de M. Aucoin avaient appris par les médias que les recherches étaient abandonnées.

Des insulaires étaient venus aux quais hier pour exprimer leur appui à l'équipage de M. Deraspe et aux chasseurs rentrés à bord d'un autre bateau la nuit précédente. Ils ont aussi rempli une église locale, où le prêtre a invité les fidèles à prier pour les familles endeuillées.

D'autres bateaux parmi les 16 qui avaient pris la mer pour se livrer à la chasse aux phoques, la semaine dernière, devaient rentrer aux Îles hier. Les chasseurs ont annulé le reste de la saison en signe de solidarité avec les disparus.

L'Acadien II se faisait remorquer par le brise-glace Sir William Alexander à cause d'un problème de gouvernail.

John Cottreau, du Bureau canadien d'enquête sur les accidents de transport, a fait savoir que deux enquêteurs recueillaient des informations, à Sydney, auprès de l'équipage du brise-glace. Il a ajouté que le capitaine du navire avait déjà été interrogé, et que des enquêteurs cherchaient à établir si une enquête en profondeur serait nécessaire. Il n'a pu dire ce que les enquêteurs avaient prévu pour le bateau naufragé. Il a expliqué que le Bureau d'enquête mettait présentement l'accent sur le navire de la Garde côtière, et que les enquêteurs examineraient les aspects humains, mécaniques et météorologiques de l'accident.


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