Le mirage
Mots clés : Michelle Courchesne, Conseil supérieur de l'éducation, Enseignement, Québec (province)
Il y a près d'un an, dans cette même colonne, l'on mettait en garde contre l'avènement des «bulletins mirages» à l'école. Suivant un coup de baguette ministérielle, l'obligation de noter les élèves avec pourcentages et moyennes allait-elle clarifier l'embrouillamini extrême de la réforme? En d'autres mots, à quoi bon astiquer une surface lorsque c'est l'intérieur qui doit être repoli?
Ce sempiternel débat refait surface alors que le Conseil supérieur de l'éducation (CSE) a publié la semaine dernière un avis sur la question, qui fort malheureusement lasse désormais plus qu'elle ne passionne. Si la ministre a cru étouffer les protestations en obligeant toutes les écoles à consigner les résultats avec des pourcentages, il faut se rendre à l'évidence: malgré des libellés plus clairs et l'arrivée de notes consignées, les parents n'ont guère eu l'impression de mieux comprendre les progrès et problèmes de leurs enfants.
On a voulu étouffer un malaise et rassurer les parents en les réconfortant avec un système qu'ils connaissaient tous et qui rappelait la limpidité du relevé de notes d'antan. Mais, sous ce lustre, l'évaluation des compétences demeure bel et bien une antithèse à laquelle quelqu'un devra un jour avoir le courage de s'attaquer.
L'avis du CSE répond à une question posée par la ministre Courchesne au moment où elle ramenait les chiffres à l'avant-scène: utile de consigner sur les bulletins la maîtrise des connaissances? Non, répond le Conseil, qui ne fera sans doute taire aucun détracteur en concluant que la démarche serait redondante puisque les connaissances sont déjà évaluées, étant intimement liées au développement des compétences. Autrement dit: pas de compétences sans connaissances!
Les enseignants ont grogné contre cet avis, jugeant qu'il esquivait l'essentiel. Ils ont tout à fait raison de plaider pour une meilleure hiérarchisation des connaissances dans les programmes, qui uniformiserait la manière de suivre la progression des apprentissages.
Ils ont tort toutefois de blâmer le Conseil pour son apparente capacité à se dérober au fondamental. En mars 2007 -- belote! --, l'organisme consultatif avait noté l'incohérence du système, citant l'évaluation des compétences transversales comme un des écueils majeurs de la réforme. En juillet dernier -- rebelote! --, il avait recommandé à la ministre de ne pas opter pour les pourcentages pour noter la progression de l'enfant, si, en amont, les outils d'évaluation et les méthodes demeuraient inchangés.
De toute évidence, ces conseils n'ont pas été entendus. Depuis, l'on nage en plein mirage.
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machouinard@ledevoir.com
Vos réactions
Merci M. Gilles Gratton - par Thériault Annie
Le mercredi 02 avril 2008 11:00
La ROUE a t'ELLE été RÉ-inventée par cette soit-disante RÉFORME...? - par Maurice Monette (monmau@globetrotter.net)
Le lundi 31 mars 2008 16:00
qu'est qu'on évalue au juste ? ? ? - par Pierre Nonnon (pierre.nonnon@umontreal.ca)
Le lundi 31 mars 2008 13:00
Discours sur la méthode - par Gilles Gratton
Le lundi 31 mars 2008 12:00
L'OMERTA des fantômes du Fonctionnarisme. - par Gerry Pagé
Le lundi 31 mars 2008 11:00
Un cercle vicieux qui perdure - par Jean-Pierre Aubry
Le lundi 31 mars 2008 09:00
Vulgariser! - par Michel Lebel
Le lundi 31 mars 2008 08:00
l'éducation est à la dérive, tout ça est du à une vision de ce que devrait être la société - par Dominic Pageau
Le lundi 31 mars 2008 03:00
L'essentiel - par Pierre-Yves Pau
Le dimanche 30 mars 2008 23:00

