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Du risque de la vie à celui de la mort - sienne ou autre, 'reçue' ou 'prodiguée'

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Denis Beaulé
Envoyé Le vendredi 04 avril 2008 08:00



On verrait mal qu'une loi 'prescrive' la mort, même pour des personnes très souffrantes ou extrêmement souffrantes. Ou qu'on contraigne le milieu de la santé (médecins, infirmières) à prodiguer, le cas échéant, une piqûre fatale (létale) au patient X au moment Y dans l'éventualité-cas condition-situation Z. À la liberté de toute personne d'en finir devrait correspondre celle de toute personne de n'être pas contrainte à provoquer mort humaine. Hormis, bien sûr, en certaines situations particulières. Supposant, par exemple, un tireur fou en train de fusiller par dizaines d'innocentes victimes. En l'absence de possibilité pour quiconque de faire cesser la carnage de quelque autre manière, abattre le tireur ne saurait s'avérer répréhensible.

Intention, cause ou but et conséquences seraient donc toujours plus ou moins en jeu. Ainsi, au niveau du principe, un rapprochement d'euthanasie et de peine de mort peut ne pas être de bon aloi. Car celle-ci s'appliquerait comme peine ; celle-là, comme délivrance d'une peine ou d'une souffrance ou d'une impasse-vie. Ici aussi, donc, tant la justification-légitimation que le mobile et la fin différeraient.

La chose a été dite et redite mais vaut d'être reredite, une aide-à-mourir, suivant la demande expresse répétée lucide et pleinement volontaire d'une personne (extrêmement) souffrante, n'est pas la même chose qu'une mort engendrée de quelqu'un sans une telle demande exprimée par la personne concernée. Limitons-nous, donc, à ce seul cas d'espèce de personnes demandant, elles, qu'on les aide-à-mourir. Serait-ce «pas 'correct'»? Là est la question.

Une autre question a trait au fait de l'approprié ou non de légiférer à propos d'exceptionnel. Excellent point. Il s'avère plus facile ou prudent de n'en point «donner trop» au chapitre de la loi, quitte à éventuellement fermer les yeux ensuite, au niveau de son application, exceptionnellissiment, vis-à-vis quelqu'un qui aurait, pour de bonnes raisons, ainsi considérées a posteriori aussi bien rationnellement qu'«humainement», aider quelqu'un à (finir de) fermer ses yeux définitivement. Autrement dit, si autoriser a priori formellement l'assistance-à/au-mourir pourrait, parfois ou 'trop souvent', engendrer abus ou erreur (irrémédiables), le fait de plutôt simplement ne pas sanctionner a posteriori (dans l'après-coup) l'auteur d'une aide-à-mourir, considérant l'ensemble des données et circonstances, exceptionnellissimes exceptionnellissimement, voilà qui pourrait, semble-t-il, s'avérer (plus) sage ou acceptable.

Bien sûr, ainsi y aurait-il, constamment, un risque pour toute personne aidant-à-mourir d'être ensuite incriminée, peu importe son statut (e.g. de médecin ou de proche de la personne ainsi «aidée»). Oui, subsisterait tel risque. Toute personne s'adonnant à l'aide-à/au-mourir de quiconque continuerait donc d'être passible d'emprisonnement. C'est un pensez-y-bien... Quelque chose, donc, de très inhibant ou 'dissuasif' pour quiconque serait enclin à prendre la chose (trop) à la légère : pour abréger les souffrances de quelqu'un, on s'exposerait à en récolter possiblement de longues et sévères soi-même.

Par ailleurs, parallèlement (subséquemment), s'instaurerait une pratique (humaniste) d'«amnistie» ('tolérance') -- non écrite en des textes de loi -- de pareils comportements, en certains cas singulierissimes, à l'égard desquels une enquête exhaustive pourrait démontrer l'acceptabilité (justification) de l'acte posé par l'aidant-à/au-mourir en CE/UN cas particulierissime. Ainsi préviendrait-on, à coup sûr, toute possibilité (sinon toute 'généralisation') d'abus en ce sens (la crainte étant au fondement de la sagesse). En même temps que cela constituerait un fin 'compromis' à la faveur duquel ne serait pas a priori (considérée) condamnable ou condamnée TOUTE aide-à/au-mourir, quelle qu'elle soit, indépendamment de toute situation ou circonstance.

Enfin, côté peine, peine de mort ou peine autre qui pourrait a priori (continuer à) être infligée à quiconque aide-à-mourir, il faut savoir qu'on ne sait pas. On ignore si ladite «peine de» mort en est une - peine - ou si ce ne pourrait être aussi/plutôt une délivrance, une libération, l'équivalent d'une récompense... Cela valant, donc, a contrario, tout autant à l'endroit de quelqu'un que, prétendument, on aiderait-à-mourir. Pour, prétendument, la délivrer, elle (d'un mal). Qui sait, en effet, si l'après-mort n'est pas pire, qui sait ? Si bien que, comme on peut le voir, de toute façon, subsiste ou subsistera une zone d'incertitude, d'une manière ou d'une autre, à un niveau ou à un autre. Ce pourquoi il semble s'avérer préférable de guider et déterminer nos principes et pratiques autant au moyen de la raison et de la conscience surtout («tribunal suprême»), que du sentiment et de l'intuition, qui, pour n'être pas aussi purement «rationnels», n'en ont pas moins leur(s) raison(s) propre(s), pouvant être aussi éclairante(s) que la 'Raison' au moyen de laquelle on peut en convenir...

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