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Publication des relations de Jacques Cartier
La relation du premier voyage de Cartier n'a pas été publiée à son retour. Elle paraîtra pour la première fois en Italien à Venise en 1556, un an avant sa mort, dans le troisième volume de l'oeuvre d'un historien nommé Ramusio, qui publie la première histoire des voyages de découvertes, intitulée Navigationi e Viaggi, dans la section « Relationi della Nova Francia », qui contenait le récit des deux premiers voyages de Cartier (traduits par Ramusio lui-même) ainsi que la relation du voyage de Verrazano. À partir de cette version italienne qui connut plusieurs réimpressions, l'imprimeur John Florio fait une traduction en anglais qu'il publie en 1580 sous le titre suivant : A shorte and briefe narration of the two Navigations and Discoveries to the Northweast Partes called Newe Fraunce : First translated out of French into Italian, by this famous learned man Gio. Bapt. Ramutius, and now turned into English by John Florio : Worthy the reading of all Venturers, Travellers and Discoverers.
La première édition française du récit du premier voyage paraîtra en 1598, plus de 60 ans après l'événement et 40 ans après la mort de Cartier. Elle est éditée à Rouen par un imprimeur du nom de Raphaël du Petit-Val. Mais cette édition n'était pas la version originale : l'imprimeur indique que c'est la traduction en français d'une version étrangère - on ne sait pas si le texte de départ était la traduction italienne ou anglaise. C'est à cette version que se réfère l'historien Lescarbot dans son Histoire de la Nouvelle-France qu'il publie en 1612. Il ne reste, de nos jours, qu'un seul exemplaire de cette édition. Elle est rééditée en 1843 à Québec, par la Société historique et littéraire, puis en 1865 à Paris. Il faudra attendre 333 ans avant que le texte original français ne soit retrouvé à la Bibliothèque impériale de Paris et publié par un chercheur appelé Michelant en 1867.
La relation du deuxième voyage de Cartier n'aura pas à attendre aussi longtemps : elle paraîtra à Paris en 1545 chez Ponce Roffet, sous le titre Brief recit & succinte narration, de la navigation faicte es yles de Canada, Hochelaga & Saguenay & autres, avec particulières meurs, langaige, & ceirmonies des habitants d'icelles : fort delectable à veoir. Trois manuscrits assez semblables entre eux sont encore conservés à la Bibliothèque nationale de Paris.
Cartier est rentré de son troisième voyage entièrement discrédité, la cargaison d'or et de diamants qu'il rapportait se révélant n'être que de la pyrite de fer et du mica et comme il avait désobéi aux ordres de Roberval, le récit de son troisième voyage n'a pas été publié à son retour. Il l'a été cinquante ans plus tard en anglais avec celui de Roberval - tous deux incomplets - ainsi que le routier de Jean Alfonse par R. Hakluyt en 1598 dans A catalogue of certaine voyages made for the discovery of the gulfe of Saint Lawrence, to the West of Newfoundland, and from thence up the river of Canada, to Hochelaga, Saguenay and other places.
Ces renseignements proviennent de l'excellente édition critique des relations de Jacques Cartier préparée par Marcel Brideaux publiée en 1986 aux Presses de l'Université de Montréal.
Yves Gélinas
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