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Un petit plat d'amendes pour Peanut.
L'insolent matamore est mort de rire, au regard des retombées de la couverture médiatique et des avantages qu'il retire personnellement de la publicité gratuite que l'actuelle intervention ministérielle, si justifiée soit-elle, lui offre. Ce COQ dominateur du POULAILLER PEPSI, insolent, fendant, carrément baveux et des plus théâtralement écumeux, s'est présenté à Chicoutimi, ce 28 mars, entouré de ses gardes du corps privés. Allez, prenez-en des portraits de celui qui s'est toujours payé, qui se paye encore et qui se payera toujours la tête de tout le monde, EN ATTENDANT SON WATERLOO. Après tout, après avoir été élevé au rang des Béliveau, des Lafleur et autres gentlemen de la NHL, par nombre de chroniqueurs, fans et accros des millionnaires du palet; après avoir été intronisé et niché au Schack des templiers et dieux soleils dont la tête est aussi gonflée que le portefeuille; après que l'auteur du «GUERRIER», Michel Roy, son procréateur, l'ait porté aux nues de la glorification et l'ait assis à la droite de l'ostentatoire dieu des boums, pourquoi devrait-il changer? Alors que son paternel écrit que «son fils a tout d'un guerrier, la combativité, le courage, la fierté et son indomptable désir de gagner...», c'est entre les lignes que ce situe la réalité très visible, cette réalité de tous les jours, à l'effet que «son fils a tout du guérilléro, l'agressivité, la rage, l'arrogance et l'indomptable envie coléreuse de tout écraser et de tout piétiner». Alors qu'il a eu et qu'il a toujours l'appui du Commissaire qui a peine à garder son sérieux et à contenir son envie de s'esclaffer; alors que Gilles Courteau, cet ex directeur gérant des Remparts de Québec, avant que Maître Aubut les mette aux enchères, n'a jamais compris la différence entre compromis et compromission, pourquoi «Peanut» descendrait-il du piédestal de sa niche? À moins d'y être forcé par une poursuite, au criminel, ayant abusé de son autorité, en incitant son propre fils à se livrer à une agression physique et psychologique sans précédent et dont les images ne cesseront jamais de hanter les sains d'esprit, tous ceux et toutes celles chez qui la raison subjugue la passion, ses dérèglements et ses dégradantes déviances?
Malgré cette overdose de réalisme, je salue la promptitude de la Ministre à réagir et à agir, dans le dossier de la violence qui sévit dans la pratique du hockey majeur, en priorité. Violence qui remplit les arénas de voyeurs en manque et de sensationnalistes en rut. Violence qui remplit les caisses d'un trop grand nombre de pitres et paillasses qui y trouvent leurs plaisirs scabreux et leurs profits sans scrupule et non avoués.
Je salue l'autorité de l'action ministérielle, la crédibilité de la prestation de la Ministre, la justesse de ses propos ainsi que la clarté et la précision de ses objectifs. Mais, attention! Le monde du hockey est un domaine où les potentats les plus divers s'exercent en coulisses et derrière des portes closes. Devant les caméras, on raisonne, alors que, derrière, on se bidonne. C'est majoritairement un monde de généreux bénévoles, parmi lesquels, historiquement, se faufilent nombre de rustres, de « Tits Jos Connaissants» et de panthéistes qui ne prennent pas d'ordres et encore moins de conseils de qui que ce soit. Nous en avons eu une démonstration gratuite, ce vendredi 28 mars, à Chicoutimi, alors que le panthéiste Patrick Roy, apparemment démoli et au bord des larmes que devaient faire monter les grands coups d'épée dans l'eau auxquels s'est livré le comité de discipline de la LHJMQ, y est allé jouer au fanfaron matamore provocateur, un KING, en congé payé et escorté de ses propres gardes du corps.
Dans le dossier d'agression criminelle sans précédent et sous enquête policière, auquel dossier les sauvageries de Jonathan Roy, sous l'instigation sans équivoque du paternel, entraîneur, directeur gérant et copropriétaire des Remparts, ont donné lieu et justification, le samedi 22 mars dernier, je crains que le Commissaire ainsi que les Gouverneurs de la LHJMQ vont tout faire pour sauver les apparences, pour pratiquer leur langue de bois et pour se livrer à leur jactance habituellement codée devant les caméras, pour étirer le temps et pour jouer aux fins roublards, en complexifiant tout le processus consultatif précédant l'inscription de règlements prohibant les bagarres, la violence sous toutes ses formes, ainsi que le langage ordurier, les gestes de grossière décadence et les comportements de manifeste déviance qui justifient également une réglementation dont la sévérité exemplaire doit s'engager dans le sens unique de la dissuasion.
Ce déplorable bagage d'une culture boumasse, dans la pratique du hockey junior majeur, date de plus de trente ans, à l'époque des rivalités qui donnaient lieu à des foires de débridés et à des règlements de comptes d'enfoirés. Avec la venue dans la LHJMQ, de riches chômeurs désabusés et de millionnaires gradués de la LNH et, au surplus, avec la venue de quelques statufiés des corniches où se nichent quelques templiers robotisés, la Ministre aura des difficultés certaines à vouloir définir et initier des changements significatifs à ce qui est devenu tout le contraire d'une culture sportive typiquement québécoise. On ne lui fera surtout pas de cadeau.
Nonobstant les difficultés qui jalonneront le parcours de sa vive détermination, ses engagements l'honorent. Même si son chef aurait plutôt tendance à former une Commission d'enquête que Pepsi pourrait commanditer, la Ministre du Sport aura l'appui d'une très grande majorité de hockeyeurs talentueux et particulièrement doués, celui d'un très grand nombre de parents, d'administrateurs et de spectateurs, tout aussi sportifs qu'équilibrés. Une très grande majorité de Québécois qui s'intéressent à la pratique d'un sport qui est censé particulariser notre distinction nationale.
Gerry Pagé
Ville de Québec
