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Aide médicale active : pas un droit, mais une exception
Le temps presse pour les finissants de la vie qui ne veulent pas se suicider, mais qui désirent avoir l'autorisation exceptionnelle de recevoir une aide médicale active, aide pratiquée dans un cadre strict et sécuritaire, cadre adopté par notre Gouvernement, et réévalué aux deux ans. Pour ce, amendons l'article 241-B de notre Code criminel. Pas pour un droit, mais pour une exception.
Devant le haut taux malheureux du nombre de suicides chez la population, parlons plutôt d'aide médicale active pour les finissants de la vie que de suicide assisté.
Suit ma lettre ouverte parue en ce début d'année : Mourir moins Mourir mieux.
En 2008 : Mourir moins, mourir mieux !
Voilà mes voeux 4 M pour les 60 000 personnes québécoises qui termineront leur vie en 2008. Je leur souhaite une fin digne et libre, avec le moins possible de douleurs et de souffrances.
Je leur souhaite aussi qu'elles soient soignées le mieux possible et qu'un accompagnement de haute qualité, tant par les proches que par les soignants, leur soit donné.
Je souhaite aussi aux finissants de la vie de 2008 de pouvoir, si elles le veulent, mourir le moins longtemps possible et sans douleurs. Si c'est là leur choix, qu'ils puissent recevoir des médicaments efficaces contre la douleur, qu'ils puissent refuser tout autre médicament et toute autre intervention pouvant prolonger leur agonie.
Si ces personnes sont en Centre hospitalier, je souhaite qu'elles soient dans un lit de soins de fin de vie, dit palliatif. Et qu'il soit possible aux proches de bien les entourer.
Si ces finissants de la vie sont à domicile, je leur souhaite, si c'est là leur choix, de pouvoir y terminer leur vie dignement, librement, sans douleurs et sans agonie allongée. S'ils doivent aller à l'hôpital, qu'ils soient admis immédiatement dans un lit palliatif de fin de vie, évitant l'urgence et ses soins pour prolonger leur fin de vie... Que ces lits soit en nombre suffisant ainsi que les équipes de professionnels de fin de vie!
Je souhaite aux finissants de la vie en 2008 qu'ils utilisent l'écrit pour voir au respect de leurs dernières volontés. Écrire donne du pouvoir au mourant et aussi aux proches, aux soignants et à l'établissement de santé. Écrire ses directives anticipées de fin de vie et mandater une personne pour les faire respecter, voilà une autre façon généreuse et raisonnable de préparer sa fin sur cette terre.
Je souhaite que, se sachant et se sentant rendues au terme de leur vie, ces personnes mourantes puissent se laisser mourir, si c'est là leur ultime liberté, et cela sans douleurs et sans que ça dure trop longtemps; mourir moins, mourir mieux.
Vous sachant mortels prochainement, je souhaite que vous preniez ce précieux temps pour préparer votre fin de vie en donnant, en faisant vos adieux, en écrivant, en faisant et recevant pardon, en confiant des secrets et des réflexions, en indiquant quoi faire avec votre corps après votre décès, en décrivant une cérémonie d'adieu à votre goût, en vous laissant envahir par le courage, la sagesse et si possible par le contentement. Au besoin, je souhaite que vous ayez les professionnels nécessaires pour vivre ces actes de vie si précieux.
Enfin, pour les finissants de la vie qui voudraient mettre fin à leurs jours par suicide, j'espère de tout coeur que vous n'utiliserez pas ce moyen solitaire, souvent douloureux, triste, dramatique et très dangereux pour les santés des autres. Si c'était malgré tout et malgré tous votre choix, que cela soit fait ouvertement et généreusement. Par ouvertement, nous entendons que vous en ayez parlé à vos proches, à vos soignants; ainsi vous éviterez bien des culpabilités porteuses de mal-êtres et de maladies ultérieurs. Par généreusement, nous entendons que vous allez éviter de mettre fin à vos jours en mettant en grand danger les santés des vivants. Encore une fois, j'espère de tout coeur que vous choisirez plutôt que l'on vous accompagne respectueusement lorsque vous demanderez librement de vous laisser mourir, accompagnés, respectés et sans douleurs.
Enfin, en 2008, je nous souhaite que le Gouvernement fédéral amendera sa loi pour permettre exceptionnellement une aide médicale active pour les finissants de la vie le demandant; bien sûr, cette aide serait pratiquée dans un cadre strict et sécuritaire, réévalué aux deux ans; bien sûr aussi, cette aide médicale active serait un soin exceptionnel de fin de vie. Assurément, cette aide spéciale ferait énormément baisser le nombre des suicides chez les finissants de la vie.
Une bonne nouvelle : avant la mort, il y a la vie ! Profitons-en ! Et que notre fin de vie soit digne et libre jusqu'à la fin !
Yvon Bureau t.s.
Consultant pour un mourir digne et libre
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Québec (Québec)
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Québec, le 6 janvier 2008
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