Vos réactions
Un Québécois à Toronto...
Plusieurs de mes confrères ont été mutés en même temps que moi. Et ce qui devait arriver arriva...
Comme vous l'écrivez, Madame Bombardier, je suis à même de constater que plusieurs de mes confrères et les membres de leur famille, deux décennies plus tard, parlent mal le français, l'anglais étant devenu leur langue principale. Mais les raisons que vous donnez pour expliquer cet état de chose sont fausses.
S'ils ont de la peine à s'exprimer convenablement en français après 20 ans c'est qu'ils manquent de fierté, c'est qu'ils veulent être quelqu'un d'autre, c'est qu'ils ont voulu perdre leur langue et non parcequ'ils la parlaient mal comme vous semblez le suggérer.
Ce n'est pas mon cas. Je suis Québécois et fier de l'être. Je ne le cache à personne. Pour moi, Québécois veut dire francophone. On ne dénigre pas le Québec devant moi!
Et quand je parle, je parle français OU anglais, jamais le "franglais" et pourtant je ne suis qu'un Québécois bien moyen...
Apprendre l'anglais n'est pas le problème, c'est la relation que l'on a envers cette langue qui est la problème. Quand je parle anglais, je parle une langue étrangère et non pas la "langue du maître". Si le français devenais la "langue du maître" au Québec et surtout à Montréal, notre relation à l'anglais changerait et notre relation vis-à-vis du français aussi.
On peut parler un français bien moyen et aimer passionnément cette langue; on peut parler un très bon français et manquer de jugement; on peut faire comme beaucoup de Français: donner des leçons avec mépris et produire des sites Internet en "franglais" et ils ont fait pire depuis...
Yves Benoit
