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Salomon même n'eût dit ni fait mieux

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Denis Beaulé
Envoyé Le samedi 29 mars 2008 08:00



Vrai que cette approche française « offre toute la solution ». Implacable, "comprehensive" et rigoureuse, elle embrasse à la fois croyants et non-croyants, laïques, catholaïques, agnostiques, athées et «mécréants». On pourrait difficilement, en effet, enjoindre au(x) médecin(s) même de provoquer la mort. Par ailleurs, on ne devrait pas non plus, en TOUS les cas, considérer tout médecin, a posteriori, invariablement et forcément coupable d'infraction criminelle, advenant que l'un d'eux, une bonne fois, exceptionnellissimement, aurait non seulement non empêché la mort d'un patient, mais l'aurait même hâtée («favorisée»), au moyen d'une médication ou d'une injection allant en ce sens. Mais ce seulement et uniquement en d'exceptionnellisimes cas, où il n'aurait pas été médicalement/humainement possible de faire autrement. Évoquant par exemple le cas d'un soldat qui, sur champ de guerre, ne pouvant d'aucune façon «s'occuper» d'un autre soldat souffrant atrocement et voué à une mort certaine de toute façon, «l'achève» d'une balle (pour des raisons humanitaires). Voilà, donc, tout probablement, ce qu'évoquerait ici Gaëtan Gorce, lorsqu'il parle d'«affinement» possible de (l'application de) la loi : «introduire certaines exceptions pour des cas exceptionnels et extrêmement rares». Ce qui n'est pas, cela, l'euthanasie par milliers ni même par centaines, en quantité industrielle. Non. À l'unité.

Mais comment peut-on « opérer » cela, ce genre d'approche 'fine', suprêmement subtile, douce et raffinée ? Sûrement pas, en tout cas, au moyen de textes de loi rigides, figés, bétonnés, cimentés. Au contraire. Plutôt, grâce à l'absence de loi (trop) libéralisante, qui aurait pour effet de devoir accéder, comme il est expliqué ici, au «droit» des uns et des autres de mourir. Et donc, logiquement, corollairement, à l'interdit absolu d'obstruer ce droit universel à la mort volontaire, y compris dans certaines situations extrêmes, où pompiers ou policiers, par exemple, empêchent quelqu'un de se suicider. Mais comment donc, alors ? En se bornant à appliquer la loi, quasi toujours ; et à l'«inappliquer», exceptionnellissimement, a posteriori, lorsqu'une enquête fine et sensible, complète et rationnelle, aurait démontré qu'un «aidant»-à-la-mort, quel qu'il soit (fût-il médecin même), n'aurait que fait preuve de la plus élémentaire humanité s'imposant en CE cas, exceptionnellissime, en 'assistant' (positivement) une personne donnée aux fins de sa mort, provoquée ou mi-provoquée, «avancée»/«devancée».

Enfin, pour finir d'illustrer la chose, il n'est que de considérer qu'il n'y a pas que des souffrances physiques pouvant devenir à ce point insupportables pour la personne les éprouvant, qu'il ne lui resterait guère comme «refuge» que la mort, assistée ou non. Il y a aussi certaines souffrances morales ou mentales pouvant atteindre ce niveau d'insupportabilité. Si bien qu'advenant le cas de quelqu'un à l'évidence en un pareil état d'insupportabilité, chronique, inapaisable irrémédiable, on voit mal comment on pourrait «sévir» à l'encontre de quelqu'un qui ne l'aurait «qu»'aider à mettre un terme à cet insupportable, en mettant fin à sa vie, au moyen de quoi seul il/on pouvait y parvenir. Cependant, cela, on ne l'écrit PAS dans une loi. On se borne à l'agir. Après. Après l'avoir constaté. Après l'avoir pensé. En conjuguant les deux sens de « ça n'a pas de bon sens », en appelant et au sens sensibilité et au sens raison.

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