Rwanda - Le présumé assassin du père Pinard est identifié par la justice espagnole
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Un tribunal espagnol a lancé une quarantaine de mandats d'arrestation, dont deux visent les présumés responsables des meurtres de deux prêtres québécois au Rwanda, soit les pères Claude Simard et Guy Pinard, dont les enquêtes n'ont jamais été menées à terme.
Or ce dernier a été nommé commandant adjoint de la Force de l'ONU et de l'Union africaine au Soudan, qui a accueilli nul autre que le ministre canadien des Affaires étrangères, Maxime Bernier, en visite au Soudan cette semaine.
Interpol détient pourtant depuis deux semaines un mandat d'arrestation contre le lieutenant-colonel Karenzi.
Quant au meurtre du père Claude Simard, assassiné à coups de marteau dans la nuit du 17 au 18 octobre 1994, le tribunal en impute la responsabilité à Fred Ibingira, qui était à l'époque commandant du 157e bataillon de l'Armée patriotique rwandaise.
Le père Simard a été tué à Kigali alors qu'il s'était rendu dans la capitale pour se plaindre des disparitions et assassinats dans sa commune.
Ces informations ont été rendues publiques à Montréal hier par Me Jordi Palou-Loverdos, qui représente notamment une dizaine de Catalans et quelques Rwandais devant le Tribunal espagnol qui a déclenché son enquête à la suite du meurtre de quatre Espagnols oeuvrant pour Médecins du monde.
Il était accompagné à la conférence de presse d'hier de Fernande Pinard-Vaillancourt et Gilles Pinard, la soeur et le frère du père Pinard, qui réclament depuis des années du gouvernement canadien qu'il fasse la lumière sur le meurtre de leur frère.
«Nous sommes toujours à attendre des nouvelles de la mort de notre frère, a dit Gilles Pinard. Nous remercions le représentant de l'Espagne, qui nous fait un peu l'historique de toute cette tragédie, et nous espérons que le Canada en fasse autant. Peut-être que Maxime Bernier va rencontrer le responsable de certains assassinats, mais je doute fort que M. Bernier ait le nom de Guy Pinard en tête.»
Me Palou-Loverdos était invité à Montréal par Robin Philpot, auteur d'un livre intitulé Rwanda: crimes, mensonges et étouffement de la vérité, dans lequel il détaille la mort du père Pinard. Ce livre se veut une réplique aux nombreuses critiques d'un autre ouvrage qu'il a écrit sur le Rwanda, Ça ne s'est pas passé comme ça à Kigali, dans lequel il conteste la vision de génocide des Tutsis par les Hutus et avance que le Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame, qui avait pris le pouvoir après le génocide et la guerre civile, a aussi commis sa part d'atrocités.
Selon l'auteur, qui s'appuie sur les résultats d'enquête du tribunal espagnol, le meurtre des deux prêtres québécois s'inscrivait dans une opération beaucoup plus vaste menée par le gouvernement Kagame pour éliminer tous les témoins internationaux des massacres commis à son tour par le FPR.
Robin Philpot demande à Ottawa de réclamer une enquête sérieuse sur ces meurtres et que le Canada imite l'Espagne qui, à la suite des meurtres de ses ressortissants, a cessé toute aide au Rwanda jusqu'à ce qu'il fournisse des réponses satisfaisantes relativement à ces crimes.

