Un réalisateur à la main lourde
Mots clés : L'année où mes parents sont partis en vacances, Cao Hamburger, Cinéma, Brésil (Pays)

Dès cet instant, le récit jusque-là tendu comme un thriller de Costa-Gavras prend le virage «Conte pour tous»: ce petit «goy» abandonné devient l'hôte des habitants, enfants et adultes, de ce quartier juif tricoté serré, qui veillent sur lui, dont Schlomo (Germano Haiut), le voisin célibataire et abrasif du défunt, avec qui l'enfant tissera des liens «inattendus». À quelques détails près, vous connaissez la suite...
Le problème du film, qui fait au passage l'éloge du multiculturalisme brésilien, tient moins à la familiarité désespérante qu'inspire son scénario qu'à la réalisation de Hamburger. Car le cinéaste a la main lourde, et pas toujours heureuse. Ainsi, il souligne à grands traits ce qui aurait pu être évoqué du coin de l'oeil -- l'éveil sexuel du gamin --, puis évoque de façon quasi subliminale les signes d'instabilité politique qui sont au coeur du récit. La peur, le secret, l'urgence et la répression ne sont jamais pleinement ressentis.
On ressent néanmoins dans la mise en scène une recherche formelle, notamment à travers les cadrages démultipliés dans l'image, évoquant l'enfermement psychologique du garçon, et qui se dilatent jusqu'à disparaître au fil du récit. Au-delà de ces efforts artistiques, soutenus par une excellente photographie et une direction d'acteurs irréprochable (le petit Joelsas est épatant), L'année où mes parents sont partis en vacances s'enlise dans la routine. Et nous fait rêver au film que nous aurions vu si nous étions partis avec eux.
Collaborateur du Devoir
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L'année où mes parents sont partis en vacances
De Cao Hamburger. Avec Michel Joelsas, Germano Haiut, Daniela Piepszyk, Simone Spoladore, Eduardo Moreira, Caio Blat, Liliana Castro, Rodrigo dos Santos. Scénario: C. Hamburger, Bráulio Mantovani, Anna Muylaert, Claudio Galperin. Image: Adriano Goldman. Montage: Daniel Rezende. Musique: Beto Villares. Brésil, 2007, 104 min.
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