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Et les enfants dans tout ça...

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Claude Guay
Envoyé Le samedi 29 mars 2008 09:00



Car le problème, ce n'est pas la télévision, mais les enfants qui la regardent. La télévision n'est qu'un regard de plus sur un monde irréel. Il y a longtemps que je ne la regarde plus et je n'en suis pas moins aussi bien informé, sinon mieux, que ceux qui la regarde. Et il n'est pas besoin d'aller en Thaïlande pour deviner nos propres tares et reconnaitre la fragilité des institutions sur lesquelles nos valeurs reposent. Les êtres humains, les gouvernements sont les proies de pulsions contradictoires et ce n'est que grâce aux efforts concertés de ceux qui partagent les mêmes idéaux que ces idéaux parviennent à s'imposer. Il suffit de bien peu, une petite guerre un peu trop longue par exemple, pour que l'édifice s'écroule et que tout soit à refaire.

Je pense qu'il est important de le comprendre et de faire comprendre à nos enfants que les valeurs que nous portons à bout de bras sont menacés, qu'elles peuvent tomber, qu'on les laissent tomber souvent pour de l'argent, de la gloire, du pouvoir, par paresse, par plaisir. Nous sommes tous des êtres humains et rien de ce qui est humain ne nous est étranger.

Je pense qu'il est important de faire comprendre à nos enfants qu'ils auront un jour, eux aussi, quand ils seront devenus plus grands et plus forts, à pousser avec d'autres dans la poursuite d'efforts communs visant à assurer la pérennité des valeurs les plus belles. "Rien n'est jamais acquis à l'homme, chantait Brassens, ni sa force, ni son courage... et quand il croit tenir son bonheur, il le broie."

Le monde a tant changé depuis ces belles années où nos curés dénonçaient en chaire les "journaux jaunes". Comment prouvons-nous protéger nos enfants de ces vagues d'information qui déferlent sans cesse sur notre quotidien? Comment pouvons-nous nous en protéger nous-même, car on nous abrutit d'information. Jamais, sans doute, dans l'histoire de l'humanité, n'aurons-nous été exposé à tant de messages, à tant de pressions de la part des marchands du temple qui envahissent nos maisons, s'introduisent dans nos salons et dans nos salles à manger, nous accompagnent au lit et nous précèdent dans nos salles de bains.

Et quand faut-il dire tout cela aux enfants? Quand faut-il leur dire qu'il n'y a pas de Père Noël? Et comment? Je ne sais. Mais il y a a de bons psychologues pour enfants. Pourquoi ne pas s'adresser à eux pour avoir, si possible, peut-être, un début de réponse?

Peut-être qu'eux aussi ne pourront finalement que nous renvoyer à nos devoirs...

Merci de votre attention

Claude Guay

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