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@ Mme la chirurgienne-dentiste Perron

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Pierre Germain
Envoyé Le vendredi 28 mars 2008 13:00



Mme (ou Dr) Perron,

Je l'ai écrit dans mon intervention d'hier. Les épiciers et les marchands de meubles n'ont pas un monopole protégé par le gouvernement, tous pouvant ouvrir et exploiter une épicierie ou un magasin de meubles; il n'y a donc pas ici une situation de monopole.

En contraste, les dentistes ont un monopole protégé par l'État, ce qui amoindrit de beaucoup leur risque financier. On ne peut dès lors parler d'entrepreneurship. Comme toute situation de monopole, un certain contrôle s'impose alosr sinon le risque d'abus est grand.

D'ailleurs, il y a une trentaine d'années, le revenus des dentistes en dollars constants était de beaucoup supérieur à ce qu'il est maintenant, l'ouverture d'une école de dentisterie à l'Université Laval ayant fait augmenter l'offre des dentistes plus vite que la demande des patients. Le même phénomène s'observe d'ailleurs chez les chiropraticiens, avec l'ouverture d'une école de chiropraxie à l'UQTR.

Il n'en reste pas moins qu'en limitant la formation de dentistes, ces derniers sont plus ou moins libre de s'entendre pour fixer les prix, ce qui s'apparente à de la collusion et.. est formellement interdit en situation de libre marché. Par opposition, le personnel infirmier reste sous-payé, en partie parce que leur pénurie n'est pas encore assez criante.

SVP ne jugez pas que je suis trop dur avec vous et vos collègues. En effet, le gouvernement à des torts très significatifs dans cet affaire, notamment de ne pas avoir agi plus tôt, et d'avoir laissé sa tarification prendre du retard sur le coup de la vie. De plus, il est évident que M. Couillard n'est pas impartial, et traite différemment les gens selon qu'ils soient médecins ou ingénieurs, policiers ou infirmières, juges ou pharmaciens.

Par contre, il est injustifié que des mesures ne soient pas prises pour empêcher que vos frais de bureau augmentent plus vite que l'inflation. Je sais, les coupables sont, en grande partie, les compagnies pharmaceutiques ainsi que les compagnies de fournitures dentaires. Mais refiler bêtement la facture à vos clients (si vous êtes des entrepreneurs, patients sinon!) n'est pas une solution car à ce compte, vous n'avez aucun incitatif pour maintenir une tarification raisonnable.

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