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Un salaire injuste ?

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Marcotte Marie-Eve
Envoyé Le vendredi 28 mars 2008 12:00



Eh oui, il est tout à fait déplorable que les enfants et les assistés sociaux soient les dommages collatéraux de ce tiraillage de couverture entre le gouvernement et les médecin-dentistes. Tout comme il était déplorable qu'étudiants et patients soient pris en otage par la grève des médecins spécialistes l'an dernier. Ont-ils raison de vouloir être payés plus?? À entendre plusieurs honnêtes travailleurs de salaires modestes, médecins et dentistes sont d'ignobles fourbes capitalistes, égoistes de surcroît, ne cherchant qu'à gonfler un salaire déjà faramineux. Sans aucune pensée ou conscience pour les patients qu'ils se doivent de traiter.

Eh bien je m'excuse, mais ce genre d'opinion sans nuance, mue peut-être par de la jalousie, du moins par de l'ignorance, oublie plusieurs faits importants. L'horaire de travail plutôt contraignant de ces professions, entre autre. Oubliez le 9 à 5 les jours de semaines, il faut aussi être disponible soirs, fin de semaines, nuits, parfois plusieurs de suite. La nécessité demande des semaines beaucoup plus longues que du 40 h par semaine. N'oublions pas non plus la longueur des études, où malgré les prêts, on s'endette aussi auprès d'institution financière ( il est faux de croire que tout professionnel de la santé a grandit dans un milieu aisé pouvant défrayer le coût de ses études ), et pendant les 7 années ou plus que dure ces études, pas d'investissement de REER, pas d'achat de maison, bref, tout un projet de vie est retardé, par les études pour commencer, puis par le remboursement des dettes. Étant moi-même étudiante en médecine, j'en sais quelque chose. Pour ensuite recevoir, oui, un bon salaire, mais sans aucun avantage social y étant rattaché. Ce qu'on retrouve surtout, ce sont des contraintes. Aussi, je ne crois pas que toute augmentation demandée soit injustifiée, bien au contraire.

Il est certes beaucoup plus réconfortant de s'indigner contre ces demandes que de se demander quelles priorités seraient nécessaires pour faire face à une telle situation. Loin de moi l'idée de dénigrer les autres travailleurs, quels qu'ils soient, mais il me semble que le salaire se doit d'être proportionnels aux sacrifices demandés par la profession. Et il y en a beaucoup, pour ceux d'entre nous qui ne se foutent complètement pas de leurs patients...

Une dernière chose. Bien qu'il plaise à l'esprit de romancer les aspirations des étudiants en médecine cubains, il serait bon de se rappeler qu'une fois leurs études terminées, plusieurs d'entre eux décident de se recycler dans le tourisme, qui dans cet état, communiste faut-il le rappeler, demeure le domaine le plus payant pour quiconque parle un tant soit peu l'anglais. "So much" pour leur vocation humaniste....

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