La Huronie au cinéma

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Patrick Caux
Édition du vendredi 28 mars 2008

Mots clés : Premières Nations, Festival des 3 Amériques, Cochochi, Festival et fête, Cinéma, Québec (ville), Québec (province)

Le Festival des 3 Amériques accueille des productions des Premières Nations

Cochochi, réalisé par Israel Cárdenas et Laura Amelia Guzmán.

Avec sa programmation riche et variée, le FC3A est devenu au fil des ans le plus gros festival de cinéma hors de Montréal. Depuis hier et jusqu'à dimanche, plus de 200 courts et longs métrages venus principalement de la zone des Amériques se succéderont dans les salles de la ville. Du nouveau pour 2008: un volet entièrement consacré au cinéma autochtone.

Québec -- Le Festival de cinéma des 3 Amériques (FC3A) a vu le jour il y a neuf ans afin de célébrer le cinéma réalisé entre l'île d'Ellesmere et la Terre de Feu. «Au départ, le festival était consacré uniquement à cet espace géographique», explique Fabrice Montal, coresponsable de la programmation du FC3A. «Avec le temps, nous avons compris que c'était aussi notre responsabilité de nous servir de notre festival pour ouvrir une porte sur le monde aux cinéphiles de Québec.»

En effet, la logique et les méandres complexes de la distribution étant ce qu'ils sont, le FC3A est bien souvent la seule occasion de l'année pour voir des films qui n'ont pas été achetés par les principaux distributeurs. «Malheureusement, de nombreuses oeuvres remarquables ne viendront jamais en salle à Québec. En créant le volet Mundo, qui invite quelques productions du monde entier, nous permettons aux amateurs d'assister à des projections de films exceptionnels sur grand écran.» On pourra notamment y voir Du Levande (Nous, les vivants), le plus récent film du cinéaste suédois Roy Anderson.

Au fil des ans, le FC3A a acquis une solide réputation qui lui a permis de tisser son propre réseau de contacts sur la scène mondiale. «Nous ne sommes plus tributaires des autres festivals du pays pour présenter des films. Nous obtenons maintenant beaucoup d'exclusivités pour l'Amérique du Nord. De plus, le fait de tenir notre festival en mars, deux mois après Sundance, nous permet de présenter en primeur des films sélectionnés par cet important festival. Cette année, nous serons ainsi les premiers au Canada à montrer Secrecy, un documentaire percutant sur la culture du secret dans l'appareil d'État américain.»

Pour marquer à sa façon le 400e anniversaire de Québec, le Festival de cinéma des 3 Amériques a décidé d'ajouter un tout nouveau volet à sa programmation. Intitulé «Regard sur le cinéma des Premières Nations», on y retrouvera des films réalisés par des autochtones ou ayant les Premières Nations pour sujet. «L'idée est venue de Luc Vincent-Savard, de Tourisme Wendake [la communauté huronne établie en banlieue de Québec]. Nous avons trouvé la proposition extrêmement intéressante. Si Winnipeg et Montréal ont d'importants festivals de cinéma dédiés aux Premières Nations, le public de Québec a généralement peu accès à ces films.»

Au départ, c'est un monde que nous connaissions peu, Martin Brouard [coresponsable de la programmation du FC3A] et moi. Mais en y plongeant, nous avons découvert une production fascinante, des univers uniques et un langage très maîtrisé.» Au programme, on pourra notamment voir ou revoir des films déjà connus, comme Le Peuple invisible, ainsi que des oeuvres percutantes qui commencent à faire beaucoup de bruit.

C'est notamment le cas de Sans réserve, un documentaire sur les Algonquins de la communauté de Kitcisakik, en Abitibi, considérés comme des squatteurs sur leurs terres ancestrales car ils refusent le statut de réserve indienne. «En plus des documentaires, nous avons été impressionnés par la qualité des films de fiction présentés dans ce volet. The Colony en est un bon exemple. Réalisé par Jeff Barnaby, ce court métrage ressemble à une sorte de rencontre entre les univers de Kafka et de David Lynch.»

Pour Fabrice Montal, cette ouverture vers la fiction et la montée de réalisateurs issus des Premières Nations ne sont pas le résultat du hasard. «C'est comme un effet de retour. Je pense qu'on commence à récolter les fruits de ce qui a été semé depuis des années par APTN, la télévision des Premières Nations. On retrouve aussi de plus en plus de maisons de production autochtones. Les jeunes ont accès à de l'équipement et à de l'encadrement pour apprendre le métier. On ressent maintenant au cinéma les effets positifs de toutes ces initiatives.»

Justement, à propos de soutien aux jeunes, on profitera de «Regard sur le cinéma des Premières Nations» pour découvrir certains des meilleurs films réalisés dans le cadre de la Wapikoni Mobile, le studio roulant piloté par Manon Barbeau à travers les communautés autochtones du Québec. «Il est encore trop tôt pour savoir si, à l'image de l'APTN, la Wapikoni Mobile a engendré des passions. Mais une chose est certaine: au-delà de l'importance sociologique de l'aventure, on assiste vraiment à la naissance d'un langage», résume Fabrice Montal.

- Regard sur le cinéma des Premières Nations, dans le cadre du Festival de cinéma des 3 Amériques. Jusqu'à dimanche à l'Hôtel-Musée des Premières Nations et au Musée de la civilisation, Québec. www.fc3a.com.

Collaborateur du Devoir


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Isuma TV - par Pierre Rousseau
Le vendredi 28 mars 2008 10:00

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