Vos réactions

@ M. Jacques Noël

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Pierre Germain
Envoyé Le jeudi 27 mars 2008 19:00



M. Noël,

Vos chiffres demandent certaines corrections.

1. Il y a 3294 dentistes au Québec. En fait, ce sont environ 75 % des dentistes qui se sont désaffiliés du plan d'assurance de la RAMQ.

2. D'après l'article, les soins dentaires fournis aux enfants et prestataires de l'aide sociale représentent 10 % des consultations, et non pas des revenus des dentistes. Si le coût en est de 100 M$, alors il y a quelque chose qui cloche car ça ferait un revenu brut pour les dentistes de beaucoup supérieur à ce que vous estimer.

Par ailleurs, il faut considérer que les chiffres dont on parle ici sont des revenus d'exploitation, et non pas un profit net avant impôt. Le 400 000 $ que vous avancez est raisonnable car, avec des frais d'exploitation tournant autour de 60 %, cela laisse un profit net avant impôt (l'équivalent d'un salaire, donc) d'environ 160 000 $/an, ce qui ressemble aux chiffres de 125-150 K$/an avancés par M. Langlois.

Quant à savoir si cette rémunération est justifiée, il s'agit d'un autre débat. Ce qui est sûr, c'est que les dentistes ont un monopole protégé par le gouvernement; à ce titre, leur risque est inférieur à celui d'un entrepreneur en général. Pour que les dentistes puissent être considérés comme des entrepreneurs, il faudrait que tous ceux qui veulent exercer cette profession et qui ont les pré-requis académiques ainsi que la capacité nécessaires soient acceptés à une école de dentisterie, avec comme condition d'en payer les pleins frais afférents. On pourrait envisager l'ouverture d'autres écoles de dentisterie, ainsi se créerait un équilibre entre l'offre et la demande. Là on pourrait parler de concurrence et de situation de non-monopole.

En contraste, les dentistes étant en situation de monopole, le gouvernement est tout à fait justifier d'avoir son mot à dire dans ce qu'il va payer. Par analogie, on peut penser au CRTC qui régissait la tarification lorsque Bell Canada était en situation de monopole, pou encore à la régie de l'énergie qui fait de même avec Hydro-Québec. Sinon, on le sait, toute situation de monopole crée des abus.

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