Jon Anderson au Saint-Denis - Peu nombreux, mais bienheureux
Mots clés : Jon Anderson, Spectacle, Montréal
Rangées désertes? Sections carrément vides? Drôle de Saint-Denis pas drôle, ainsi parsemé de trouées? Qu'à cela ne tienne. Ils étaient pleinement contents, les éparpillés présents, puisque Jon Anderson était là pour l'étape montréalaise de son Tour Of The Universe, après avoir transité par... Joliette, la Baie, Gatineau, etc. Eh! L'univers de Jon Anderson, c'est un peu beaucoup le Québec. Oh Yes!
Il fallait les entendre, ces bienheureux, quand leur grand prêtre lançait les chants sacrés. Ils faisaient «oooooh...», puis levaient les bras au ciel. Anderson avait beau les chanter moyennement bien, les bien-aimées, pire, les jouer plutôt médiocrement avec sa grésillante guitare acoustique (Steve Howe, il n'est pas!), ou pire encore, les illustrer avec des projections moitié relaxation moitié pot-pourri ésotérique (rivières, cosmos, statues de l'île de Pâques...), rien n'y faisait: les disciples étaient en terre sainte. Et ils communiaient.
Ils en étaient attendrissants. Les fans de prog (i.e. de rock progressif du début des années 70) sont une race à part, sur la planète pop: il n'y a pas adhérents plus fidèles, plus irréductibles. Oui, ça tient de la religion: vouloir, Jon Anderson pourrait fonder une secte. Dont les membres feraient des enfants qui chanteraient à leur tour du Yes. Remarquez, c'était presque ça hier: un groupe d'élèves de la Paul Green School Of Rock (des ados, quinze ans maximum) s'est amené en deuxième partie, véritable Yes junior entourant le papy ravi dans Owner Of A Lonely Heart, Roundabout. Oui, tout ce beau monde a entonné le refrain-mantra de l'hymne yessien I've Seen All Good People: «Diddit diddit diddit diddit diddit diddit diddit didda...». Avec citation de Give Peace A Chance. Une vraie grand-messe hippie, pour convertis. Oui, j'ai chanté aussi.
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