Cinéma - Richard Widmark, une légende forgée dans la discrétion

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AFP
Édition du jeudi 27 mars 2008

Mots clés : Le Carrefour de la mort, Richard Widmark, Décès, États-Unis (pays)

Washington -- Le comédien américain Richard Widmark, décédé lundi à l'âge de 93 ans, était l'inoubliable sadique qui poussait, en ricanant, une vieille dame paralytique du haut d'un escalier à l'occasion de son premier rôle dans Le Carrefour de la mort (1947) d'Henry Hathaway.

Il était devenu une des légendes de Hollywood en tournant quelque 70 films sous la direction des réalisateurs les plus prestigieux mais s'était toujours tenu à l'écart des médias et du star-système pour protéger sa vie privée.

Le regard azur, ce blond au sourire ambigu semblait pourtant trop intellectuel aux yeux d'Hathaway, mais il avait fini par lui donner sa chance face à l'intransigeance de Darryl Zanuck, le patron de la 20th Century Fox.

Comédien doué, il donnait de la profondeur à tous ses personnages, ce qui lui avait rapidement permis de troquer le costume de «sale type» contre des rôles de victimes dans Les Forbans de la nuit de Jules Dassin (1950) et de héros dans L'Homme aux colts d'or d'Edward Dmytryk (1959).

Indépendant, il était un des rares acteurs à s'être lancé dans la production (1957) pour mieux contrôler sa carrière et une des premières stars du cinéma à tourner pour le petit écran dans la série policière Madigan (1971).

Démocrate convaincu, il haïssait la violence et regrettait l'évolution du cinéma américain, dirigé selon lui par «des hommes d'affaires sans aucune dignité».

Né le 26 décembre 1914 à Sunrise (Minnesota), Richard Widmark est un jeune homme studieux, licencié en sciences politiques, qui prend conscience de ses convictions politiques en traversant l'Allemagne nazie alors qu'il fait le tour de l'Europe à vélo.

Passionné par le théâtre, il est à 24 ans professeur de diction et d'art dramatique à l'université de Lake Forrest et débute à la radio avant de brûler les planches à Broadway, notamment aux côtés d'Ingrid Bergman dans Jeanne d'Arc.

Après sa révélation dans Le Carrefour de la mort, il tourne film sur film, notamment Panique dans la rue (Elia Kazan, 1950), La porte s'ouvre (Joseph L. Mankiewicz, 1950), Le Port de la drogue (Samuel Fuller, 1953) et La Toile d'araignée (Vincente Minelli, 1955). Il revient au western avec Alamo (John Wayne, 1960) et Les Cheyennes (John Ford, 1964), son cinquantième film.


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