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Mâle-enfant

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Denis Beaulé
Envoyé Le mercredi 26 mars 2008 07:00



Vous avez fort bien et on ne peut plus à point et justement mis le doigt sur le bobo, monsieur le chroniqueur. Le «problème» c'est nous. Cela est vrai tout autant pour les commissions scolaires, non pas dysfonctionnelles mais seulement non fonctionnelles, que pour l'abruti sévissant dans le hockey, qui n'est pas moindre que celui des Loft Story.
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On entend, en effet, qu'adviendraient des moments-clés au hockey, où « c'est là qu'on sépare les hommes des enfants ». Or, Patrick Roy s'est-il comporté tel un homme ou comme un enfant, l'autre soir, en rappelant et en stimulant intempestivement la bête-mâle, comme il l'aura fait si souvent au cours de sa «carrière» ?
Il en est de même de nous. Il en est de même des médias. Il en est de même du «gouvernement». Il n'y en aurait pas de cette violence abrutissante d'abrutis au hockey, s'il n'y avait pas quelque appétit populaire de violence un peu partout. Si bien que, oui, les médias «en mettent» trop, en «beurrent» souvent trop, trop épais, trop large ou trop étroitement (sélectivement), inversement, «stâllés« sur une toujours même affaire abrutissante, témoignage d'abrutis ou pour les abrutis que l'on est ; oui, aussi, le «gouvernement», qui est entre nous et cette violence aussi bête et inutile que possible, pourrait ou devrait «faire quelque chose», enfin, pour que ça cesse.
Mais ça ne cessera point. Tant que «nous» ne voudrons pas véritablement que ça cesse. Tant qu'on ne cessera pas d'en encourager la reproduction, en rereregardant la millionième reprise de la toujours même idiote séquence du même idiot de joueur de hockey se prenant pour un boxeur plutôt qu'un joueur de hockey ; tant que le public, surtout, considérera que c'est là ce qu'il peut y avoir de plus intéressant - la rudesse - au hockey ; et tant que les médias mêmes se délecteront de rerereprésenter ad infinitum ce qu'ils prétendent avoir trouvé abominable et épouvantable (si c'était tel, s'ils trouvaient cela vraiment tel, ils pourraient faire en sorte, eux les premiers, que ç'arrête net frette sec drès là ce genre de violence, en désertant complètement ces lieux - de violence - et en refusant carrément en bloc d'en diffuser la moindre parcelle et de l'évoquer même ; ainsi n'y aura-t-il plus de grand public ni même, rapidement, de petit public 'alimentant' de leur intérêt ces gorilleries pas à leur place ni de leur époque, si bien que les joueurs de hockey devraient peut-être se mettre à jouer au hockey et à ne jouer qu'au hockey, si jamais le 'monde' ou 'du monde' aime ça - le hockey - pour le hockey).
Bref, si ça continue, cette niaise violence sévissant au hockey -- alors qu'il POURRAIT y avoir du hockey éminemment plus intelligent -- elle pourrait en venir à s'estomper non parce qu'on la combattra[it], mais parce qu'on s'en sera[it] lassé. Du fait d'en avoir [déjà] trop vu. Comme on en a à l'évidence trop rererevu - du même - au cours de la dernière centaine d'heures. Si bien qu'il pourrait en être de cela comme de la porno ou de l'hypersexualisation, à la faveur desquelles l'«appétit» pour le sexe aura décru au lieu de croître. Autrement dit, on ne désinvestira pas la violence au hockey pour s'être rendu compte que ce n'est pas «bien», pas beau ou pas «correct», mais bien plutôt parce qu'elle ne nous excitera[it] plus.

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