Menace de désaffiliation au régime public - Les dentistes et l'État reprennent les discussions

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Louise-Maude Rioux Soucy
Édition du mercredi 26 mars 2008

Mots clés : régime public, Association des chirurgiens dentistes du Québec, santé, Québec (province)

Québec assure que les enfants et les assistés sociaux ne feront pas les frais d'un conflit

À deux jours d'un retrait massif des dentistes du régime public, le gouvernement et l'Association des chirurgiens dentistes du Québec (ACDQ) se sont finalement assis à la même table hier après-midi. Au moment de mettre sous presse, rien n'avait filtré des échanges qui ont ponctué cette négociation de la dernière chance. D'autres pourparlers devraient d'ailleurs avoir lieu dans les prochaines heures, mais Québec assure d'ores et déjà qu'il fera tout pour garantir la gratuité des services dentaires.

Le ministère de la Santé travaille en effet à un plan B permettant aux enfants de moins de dix ans et aux assistés sociaux de continuer à recevoir gratuitement les soins dentaires auxquels ils ont droit. «On ne voudrait pas se retrouver au 27 mars dans une situation où il va nous falloir agir. Mais s'il le faut, on va le faire avec un mécanisme qui va éviter aux personnes concernées d'avoir à défrayer les coûts de leur examen», a précisé hier Isabelle Merizzi, l'attachée de presse du ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard.

Plus tôt en matinée, cette dernière avait insisté sur la générosité de la toute dernière offre faite aux dentistes, qui surpasse, et de beaucoup, celle de février dernier. Une offre qui, de surcroît, respecte la capacité de payer du gouvernement Charest, mais aussi les négociations tenues récemment avec les autres professionnels de la santé, a indiqué Isabelle Merizzi. «Naturellement, nous ne commenterons pas cette offre. Mais on se souvient que [les dentistes] ont refusé une offre à 24 %. Nous faisons aujourd'hui un pas de plus et nous espérons qu'ils vont faire de même.»

Un peu plus de 70 % des membres de l'ACDQ, soit environ 2500, ont signé un avis de non-participation au régime public qui sera effectif dès demain. Certaines cliniques n'ont pas attendu la fin de ce bras de fer pour se désengager en douce en refusant de prendre des patients assurés qu'elles estiment devoir soigner à perte. Présentement, soigner cette clientèle vulnérable ne leur laisse que 10 $ de l'heure dans leur poche, calcule leur association. Le gouvernement est disposé à porter ce ratio à 25 $ de l'heure. L'ACDQ réclame plutôt 60 $ de l'heure.

En soirée, l'ACDQ a confirmé que le dialogue se poursuivait avec le ministère, sans toutefois commenter davantage. L'entente qui lie le gouvernement à l'association est échue depuis maintenant près de cinq ans. En 2003, l'ACDQ avait réclamé un redressement tarifaire de 35 % et une indexation annuelle permettant de couvrir l'augmentation des frais d'exploitation des cliniques, sans succès. Rappelons que la clientèle assurée -- 802 000 enfants de moins de 10 ans et 416 000 assistés sociaux -- compte pour 10 % seulement de la clientèle totale des dentistes.


Vos réactions


Existent-ils de véritables assurances dentaires abordables ou publiques? - par Michaël Lessard
Le vendredi 28 mars 2008 00:00

C'est une honte! - par Philippe Champagne
Le mercredi 26 mars 2008 18:00

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com