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Un citoyen informé, en vaut 4!

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Gerry Pagé
Envoyé Le dimanche 23 mars 2008 07:00



Sur un sujet d'une telle importance, pour ne pas dire si brûlant, à l'effet qu'une pandémie de grippe potentiellement ravageuse, pouvant théoriquement et pratiquement emporter plus de 8 500 Québécois, vous avez réussi à donner à votre chronique un ton juste, un ton modéré, très pertinemment informatif et intelligemment préventionniste. Vous auriez pu tomber assez facilement dans l'alarmisme, dans le catastrophisme et le sensationnalisme qui sont, trop souvent, les péchés mignons des scribes de l'actualité qui, à propos de tout et de rien, actionnent gyrophares et alarmes, parce qu'ils ne vivent que pour la cote et le rang qu'occupe leur Papier, au palmarès des médias mixeurs et tapageurs, ravisseurs et ravageurs.

Tout compte fait, au regard de l'information juste qui met des «barres» sur les T et des «points» sur les I, votre chronique est fort probablement la plus importante et la plus utile que le lectorat du Devoir.com ait eu l'occasion de s'approprier, dans les 12 derniers mois. En évitant de broder et en vous concentrant sur l'essentiel du phénomène, les lecteurs assumeront la responsabilité qui leur incombe et qui est la leur, au tout premier chef et dans des situations de cette gravité, de rechercher plus d'information, de ne négliger aucun des symptômes et de prendre tous les moyens mis à leur portée, pour se prémunir, pour éviter de surcharger le système public, pour lutter efficacement et éviter le pire.

C'est à souhaiter que la judicieuse initiative du GREB, les 11, 12 et 13 avril prochains, à Montréal, soit reprise et multipliée dans les onze régions de la Santé, au Québec. C'est vrai qu'un citoyen AVERTI en vaut 2. Mais, un citoyen précisément et très PERTINEMMENT INFORMÉ, en vaut au moins 4. Et, si les «pertinemment informés» deviennent des agents multiplicateurs, dans leurs milieux, c'est autant de gagné.

Par contre, avec l'actuel ministre du Système de Santé, Système dont les robots sont dans un cul-de-sac historique; avec ce ministre spécialiste de la boutade et la glorification nombriliste de sa personne, lors des très médiatisées périodes de questions, à l'Assemblée nationale; avec l'actuel ministre de la Santé qui a persisté et qui a signé Rabaska dont les retombées environnementales et dont les effets morbides sur la santé des citoyens habitant les zones contiguës, ont été et sont encore dénoncés et vertement décriés par nombre d'Organismes, nombre de Personnalités dont la Direction de la Santé Régionale (Chaudière-Appalaches); avec un ministre dont la préoccupation première fut de soigner démesurément et scandaleusement les portefeuilles de ses collègues spécialistes; avec un ministre de la méga santé industrielle, avec ses visions fantasmagoriques des éléphantesques et somptuaires sanctuaires d'une recherche médicale ostentatoirement lucrative et dont l'avalanche des contrats irréguliers et surtout irrespectueux des règles d'attributions, ce qui n'en finira plus de plonger le Québec dans un endettement débridé sans précédent; avec l'actuel ministre de la Santé Publique corridorisée pour la plèbe qui doit attendre et souffrir, ce même ministre de la Santé Privée au service des riches qui ont leurs corridors d'accès assurés aux immédiates anesthésies de leurs souffrances, aux meilleurs soins, dans les meilleurs délais; avec l'actuel ministre dont la santé des siens passe avant le maladie des autres, il ne faudra pas s'attendre à ce que «les démunis, les moins instruits et les personnes âgées», entre autres, soient des cibles prioritaires. Alors que ces citoyens à part entière, constituant les trois groupes qui précèdent, sont à la veille de constituer une majorité dont se foutent éperdument les «actuels minoritaires», où en sont donc les fonctionnaires penseurs, rédacteurs et producteurs du MSSS ou de l'EXÉCUTIF, au chapitre de l'information minimale que justifie l'imminence d'une telle pandémie grippale (feuillets, site Internet, dossiers dans les quotidiens, émission de télé et de radio)? Cette imminence ne devrait-elle pas constituer l'objet principal d'une bonne partie des «BLEUS» qui circulent dans les «corridors verticaux», au MSSS?

En conclusion, Mesdames Rioux-Soucy et Gravel, soyez félicitées et remerciées pour la pertinence et le bon ton de votre chronique de ce samedi 22 mars 2008. Vous avez fait preuve de prévoyance et de compétence. Vous avez fait oeuvre de prévention intelligente et mesurée, à la portée de tous les lecteurs. Il serait extraordinaire que ça puisse continuer dans le même sens.

Gerry Pagé
Ville de Québec

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