«Un bouquet de mesures » pour les aînés

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Louise-Maude Rioux Soucy
Édition du jeudi 20 mars 2008

Mots clés : Dr Réjean Hébert, aînés, Marguerite Blais, santé, Québec (province)

Le Dr Réjean Hébert se dit déçu par la faiblesse de l'engagement gouvernemental

Québec a notamment annoncé une majoration de 25 à 30 % du crédit d'impôt pour les aînés qui souhaitent rester à la maison, de même qu'une vaste campagne visant à contrer l'âgisme.

Photo: Jacques Nadeau

Après les deniers, l'action. Hier, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, a annoncé un «bouquet de mesures» découlant pour la plupart du budget Jérôme-Forget. La ministre a préconisé une approche marquée au seau du concret et de la quotidienneté, que ce soit au moyen de services de répit aux aidants naturels, de crédits d'impôt bonifiés pour les aînés, d'un meilleur accès aux services gouvernementaux ou encore de l'accès à des plats mitonnés maison en hébergement de longue durée.

Ce bouquet est toutefois loin de satisfaire le Dr Réjean Hébert, qui a agi comme commissaire lors de cette vaste consultation. «En fait, il y a très peu de choses qui répondent aux recommandations que j'ai faites. Je me serais pourtant attendu à un engagement gouvernemental plus important.» Le financement du soutien à domicile est selon lui trop faible et trop complexe. Il est de surcroît inéquitable parce que tous les aînés n'y auront pas accès et parce qu'il ne sera pas proportionnel à leurs besoins. Le Dr Hébert avait plutôt réclamé une prestation de soutien à l'autonomie destinée à combler toutes ces iniquités.

La ministre a plutôt choisi de majorer de 25 à 30 % le crédit d'impôt pour les aînés qui souhaitent rester à la maison, une position qu'elle a dû défendre hier. «Ces crédits d'impôt profitent principalement aux personnes à faible revenu, dont 75 % des bénéficiaires sont des femmes, une situation qui a souvent été portée à notre attention pendant nos consultations.» Les annonces d'hier ne sont qu'un premier pas, a-t-elle insisté. «Nous ne pouvons pas attacher toutes les ficelles en même temps. Nous travaillons à mettre en place un vaste chantier pour que nos aînés soient respectés. Cela prend du temps.»

«Le gouvernement du Québec aspire à prendre soin de ses aînés», et cela va se faire au moyen de «mesures concrètes et réalisables à court terme», a expliqué la ministre. Elle estime d'ailleurs avoir réussi à faire un pas de géant en convainquant le conseil des ministres de former un comité interministériel dédié au vieillissement. On est pourtant loin d'une vraie politique en matière d'aînés, a déploré le Dr Hébert. «Ce comité est décevant. On nous annonce un plan d'action pour lutter contre les abus et la maltraitante envers les aînés pour 2009, mais on ne se mouille pas.»

Une vaste campagne

La population sera quant à elle sensibilisée au moyen d'une vaste campagne visant à contrer l'âgisme. «Nous voulons projeter une image plus positive du vieillissement», a résumé Mme Blais. Ce discours a beaucoup plus à Ernest Boyer, président de la FADOQ - Mouvement des aînés. «C'est un début, mais un bon début. Le gouvernement ne fait pas que jaser, il agit.» C'est en effet là «un véritable pas en avant. Maintenant, il faut poursuivre les efforts et les harmoniser», a renchéri le président de l'Association de défense des droits des retraités et préretraités du Québec, Norbert Rodrigue.

M. Rodrigue voit d'un bon oeil l'aide qui sera offerte aux aînés pour démystifier l'appareil gouvernemental. «Au Canada, 135 000 personnes n'ont pas leur crédit d'impôt parce qu'elles oublient de le réclamer ou ignorent même son existence. Ce qu'il manque encore, toutefois, c'est un guichet unique.»

Salué de toute part hier, le virage en faveur du maintien à domicile devra aussi être mieux défini, a noté le président du Conseil des aînés, Georges Lalande. «La pénurie de personnel est très forte dans le milieu de la santé, je vois mal comment on pourra arriver à recruter de nouvelles ressources.» Cette question a d'ailleurs embêté la ministre, qui a reconnu qu'aucun plan d'embauche n'avait été prévu.

M. Lalande n'a pas non plus caché sa déception de voir qu'il n'y a rien dans ce plan pour les aînés autonomes. «On parle toujours des 200 000 qui sont vulnérables.» La ministre a laissé entendre que des mesures de retraite progressive seront annoncées sous peu. Cela laissera quand même en plan les jeunes retraités, croit le président du Conseil des aînés. «Il y a là un bassin d'entre 250 000 et 300 000 personnes compétentes dont il faut tirer profit.»


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Le jeudi 20 mars 2008 11:00

Même pas de recyclage - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le jeudi 20 mars 2008 09:00

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